« La Cité aux murs incertains » : le roman événement qui signe le grand retour du maître Murakami

Anna Cabana
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Le nouveau roman de Murakami a attendu 40 années pour voir le jour.
LTD/K.Kurigami

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Le nouveau roman de Murakami a attendu 40 années pour voir le jour.
LTD/K.Kurigami
À l'instant de quitter La Cité aux murs incertains, il ne reste plus grand-chose de nos convictions relatives à la réalité et l'irréalité, mais il est une croyance, nouvelle, qui nous étreint, alors même qu'elle n'a fait l'objet d'aucune mention de l'auteur : la tristesse est blanche.
Blanche comme le mouchoir en mousseline de la jeune fille de 16 ans que le jeune garçon de 17 ans ne lui a pas rendu - qui se confond peut-être avec celui qu'elle parfumera de toutes ses larmes, ce dimanche du début du roman où, dans le petit jardin public dans lequel les amoureux s'étaient donné rendez-vous, elle pleure sans un mot, envoûtée par un chagrin inexpliqué - et qu'il conservera avec ses lettres, seules traces matérielles de cet amour inconditionnel, et non consommé.
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Blanche comme la page qui aurait pu permettre au narrateur de comprendre pourquoi l'amour de sa vie a un jour disparu, après lui avoir tellement répété que son « vrai moi » se trouvait à l'intérieur d'une « Cité ceinte de hauts murs », et après qu'à deux, un été durant, ils avaient, par l'imagination, parachevé cette Cité à la porte de laquelle chacun doit, pour entrer, abandonner son ombre - mise hors des murs et a priori condamnée au dépérissement en raison de sa séparation avec son « corps maître », sachant que la juste lecture de ce dédoublement (où est le « vrai soi » et où est la doublure ?) est l'énigme existentielle qui sous-tend le livre.
Anna Cabana