Philippe Collin, Agathe Saint-Maur, Roselyne Febvre... Nos critiques littéraires de la semaine
« Les résistantes », de Philippe Collin, « Rends ta couronne », d'Agathe Saint-Maur, « Le pacte du désert », de Roselyne Febvre, «Parmi d’autres solitudes », d’Yves Harté : découvrez notre sélection littéraire de la semaine du 31 mars 2025.
Olivier Mony, Arnaud Cathrine, Aurélie Marcireau et Philippe Ridet
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Découvrez notre sélection littéraire de la semaine du 31 mars.
« Les résistantes » de Philippe Collin, Albin Michel, 448 pages, 25,90 euros. (Crédits : LTD/Corentin Fohlen/ Divergence ; DR)
Deux sont connues, trois beaucoup moins, toutes sauvèrent l'honneur et une certaine idée de la France et de la liberté. Cinq femmes puissantes, indomptables, cinq résistantes. Cinq femmes qui venaient socialement et géographiquement des horizons les plus divers, mais que l'Histoire a réunies sous l'égide d'une cause plus grande qu'elles. Il convient de se souvenir toujours de Lucie Aubrac, Geneviève de Gaulle, Simonne Mathieu, Mila Racine et Renée Davelly.
Se souvenir de leur volonté, leur ardeur et parfois, hélas, leur sacrifice. Se souvenir enfin, à rebours de ce que l'on a trop souvent retenu et à travers ces cinq héroïnes pour ce temps présent aussi, que l'armée des ombres était également composée de représentantes du sexe dit faible - odieuse expression puisqu'il ne l'a jamais été aussi peu que dans ces années-là.
Alors, la guerre. Alors, les femmes. C'est à celles-ci plongées dans celle-là, sur leur rôle dans la résistance au nazisme et à l'abaissement vichyste, que Philippe Collin a consacré sur France Inter un podcast captivant (il est coutumier du fait et de l'examen des grandes fractures nationales, comme l'ont prouvé des séries précédentes consacrées à Léon Blum, Pétain, Dreyfus ou Jean-Marie Le Pen). C'est ce podcast qui trouve aujourd'hui en librairies une traduction où plus exactement une « extension du domaine de l'hommage », illustrée de nombreuses archives inédites ou rares. Et c'est tout aussi passionnant et juste que sur les ondes.
Si ça l'est, c'est d'abord parce que le choix fait par Collin, accompagné par un collectif d'historiens et de spécialistes de l'époque, d'incarner ainsi le rôle essentiel et bien souvent minoré des femmes dans la Résistance via les cinq figures précitées s'avère absolument pertinent et permet d'embrasser le spectre varié des motivations à la source de leur engagement. Des vies « séparées », donc, mais une même croyance, la patrie. Il y eut pour chacune d'elles une vie avant la Résistance, une vie qui leur permit de prendre la mesure de la montée des périls, de la nature des orages à venir.
Olivier Mony, Arnaud Cathrine, Aurélie Marcireau et Philippe Ridet