ENTRETIEN - Son corps, son enfance, sa postérité... Dans un nouveau livre intime, le philosophe Bernard-Henri Lévy, alias BHL, est en quête de sommeil et de réponses.Alors là, on ne l'avait pas vu venir. Quand BHL le mégalo en col Mao raconte le Bernard-Henri en peignoir de nuit, rongé par ses insomnies, hanté par ses morts, errant bon an mal an dans son appartement, on aurait presque envie de lui faire un gros câlin, de lui tenir la main pour l'accompagner dans son sommeil. Sans une pléthore de somnifères qui l'assomment, telle une anesthésie.
Si Arielle veille, cherche les mots rassurants comme une mère avec son enfant, BHL redoute ce moment où son esprit est réduit à presque néant. Cet homme qui dort, il ne l'aime pas. Tout simplement parce qu'il ne le contrôle pas. Si quelques internautes se moquent de ses tourments - « il n'a qu'à lire ses propres livres et le sommeil arrivera plus vite que prévu... » -, il faut saluer le courage que cela demande de se déshabiller et de révéler ses failles pour homme à l'ego démesuré, mais totalement assumé.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous approuvez si je vous dis que vous vous êtes mis à nu ?
BERNARD-HENRI LÉVY — C'est un mot que je n'aime pas, mais c'est un peu vrai. Pour la première fois de ma vie, c'est un livre qui m'échappe. Avec, même, certaines pages qui m'embarrassent un peu.
Pourquoi l'avoir écrit, alors ?
Je ne sais pas. Peut-être cette recommandation de Romain Gary lors d'un de nos ultimes déjeuners : « Casse la marionnette ! » Il arrive toujours un moment, dans la vie d'un écrivain, où il faut casser la marionnette car elle finit par l'asphyxier...
Joséphine Simon-Michel (propos recueillis)