Delphine Horvilleur : « Je ne prends rien au premier degré »
Propos recueillis par Anna Cabana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

« La Tribune Dimanche » a rencontré Delphine Horvilleur en mars à Paris.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Propos recueillis par Anna Cabana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

« La Tribune Dimanche » a rencontré Delphine Horvilleur en mars à Paris.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
A elle seule, Delphine Horvilleur est la preuve, scintillante, que l'herméneutique peut attirer les foules, pourvu que l'exégète en chef y mette de l'humour et de la lumière, beaucoup. La rabbine qui ne croit pas en Dieu - mais qui aide la France entière à croire en la transcendance ! - revient en librairies le 2 avril avec Euh... Comment parler de la mort aux enfants, un petit livre conçu comme un outil pour favoriser le dialogue entre les générations.
La forme fait mine d'emprunter les règles des jeux d'enfants - cache-cache, la marelle, action ou vérité... Il y a sept jeux, et autant de chapitres, un pour chaque soir de la shiva, la première semaine de deuil dans la tradition juive, celle où la famille suspend son quotidien pour trouver, ensemble, la force de surmonter la mort du père, de la mère, du fils, de la fille, du frère, de la sœur, de la femme ou du mari.
À l'origine de ce texte, il y a, écrit-elle, « un moment particulier ». Une conférence sur la mort devant un public d'enfants et de jeunes adolescents. « Soudain, une petite fille a levé la main et, d'une voix déterminée, elle m'a demandé dans un tutoiement familier et bouleversant : "Dis-moi, d'après toi, qu'est-ce qu'il faut faire si on sait très bien que quelqu'un est mort mais que nos parents ne nous le disent pas ? Est-ce que tu penses qu'on doit leur dire qu'on sait, ou bien faire semblant de ne pas l'avoir compris ?" »
À lire également
Dans ce livre comme toujours, elle ne donne pas de recettes, et encore moins de leçons, simplement une intelligence généreuse qui chemine. « À mon sens, c'est toujours en jouant avec les mots et le langage qu'on dit de tout petits bouts de vérité, écrit-elle. La vérité ne se laisse jamais dire complètement, elle se cache toujours derrière nos paroles confuses. Elle s'abrite dans l'ambiguïté qui fait grandir. »
Propos recueillis par Anna Cabana
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche