Benjamin Bernheim, le tenor full sentimental
Alexis Campion
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Benjamin Bernheim au côté de Marina Viotti dans « Werther », au Théâtre des Champs-Élysées.
LTD/Vincent PONTET
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Benjamin Bernheim au côté de Marina Viotti dans « Werther », au Théâtre des Champs-Élysées.
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Quelques jours avant la première de Werther, drame lyrique de Jules Massenet qu'il aborde pour la première fois en duo avec son amie de toujours la mezzo-soprano franco-suisse Marina Viotti, Benjamin Bernheim nous ouvre la porte de sa loge au Théâtre des Champs-Élysées. Affable, le ténor apparaît parfaitement détendu et volubile, déjà à l'aise dans son costume de jeune Werther, en l'occurrence un gilet jaune et un pantalon bleu, le temps d'entonner le célèbre poème : « Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ? [...] bien proche est le temps des orages et des tristesses »...
« Ces couleurs n'ont rien à voir avec le drapeau de l'Ukraine, je vous préviens d'entrée car on m'a fait cette réflexion l'autre jour, sourit Bernheim. Je pense que ce jaune a plutôt à voir avec le livre d'origine, celui de Goethe, détaillant les pantalons presque moutarde de son tragique héros... »
Un jeune Werther que le chanteur estime « assez exécrable » : « Au moins Charlotte, elle, a une lumière en elle, une certaine droiture. Alors que Werther, terriblement sombre, nous tire vers le bas. Son suicide n'est même pas propre. C'est fascinant mais pas si simple d'entrer dans une souffrance aussi lourde. Il faut une grande flexibilité mentale pour en sortir une fois les répétitions terminées, car cette musique déborde, elle submerge. »
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Entre deux répétitions, le ténor, qui aura 40 ans en juin, avoue qu'il pense parfois au tragique destin de l'acteur américain Heath Ledger, mort d'un excès médicamenteux après avoir joué le maléfique Joker dans Batman... Faisant la part des choses, Bernheim s'affiche plutôt enjoué. Et armé.
Alexis Campion
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