LA TRIBUNE DIMANCHE — Votre album aborde différents thèmes comme la solitude, le désenchantement qui mène aussi vers la lumière... Mais la chanson phare, celle qui lui donne son titre, c'est Paris Amour. Pourquoi cette déclaration ?
KEREN ANN — À dire vrai, j'ai hésité. J'aurais pu appeler l'album « La Sublime solitude », du nom de la chanson d'ouverture. Ma démarche est celle d'une raconteuse qui n'évoque pas seulement Paris. Alors bien sûr, Paris Amour, c'est une déclaration, mais si vous écoutez bien les autres chansons du disque, on voyage, on butine vers d'autres horizons glanés dans la nature et au bord de la mer, par exemple sur les remparts de Saint-Malo... Autant d'éléments qui m'inspirent et que je ramène chez moi, à Paris, pour ensuite les formuler avec mes mots, ma musique.
Ma solitude est très parisienne et elle est consentie, jamais subie. Elle est avant tout liée à l'écriture. Et j'aime ça parce que c'est très concret : Paris est ma capsule, le cocon où je me sens en confiance, où j'ai pu cultiver mon attachement à la poésie et exercer ce que j'aime le plus au monde, rassembler des visions, écrire et composer avec le piano, la guitare. J'ai aussi un attachement profond à Montmartre, où j'ai la chance de vivre et où on se sent sur une colline. Tous les jours, au hasard des rues et des escaliers, on peut embrasser la ville du regard, la sentir tout autour avec nous et en nous.