Dix ans après « Despacito »., Bad Bunny s’impose en BO des apéros d’été, Karol G brille sur les plateformes de streaming… Ce n’est plus une tendance, c’est une vague.Incontournable en Amérique latine, depuis quelques étés, le reggaeton s'installe dans l'Hexagone comme la bande-son officielle des beaux jours. Et 2025 ne fait pas exception. Selon Deezer, les écoutes de musiques latines doublent dès le mois de juin : de 1,5 à 3 millions d'auditeurs hebdomadaires rien que sur les playlists spécialisées. L'ère du « tube de l'été » serait-elle révolue au profit d'un véritable phénomène culturel ?
Le reggaeton naît dans les années 1990 à Porto Rico, héritier du dembow jamaïcain (ce rythme syncopé qui en fait tout l'attrait), du hip-hop new-yorkais et des luttes sociales d'un peuple insulaire. En France, il débarque avec une décennie de décalage. Loin de son terreau militant, il est d'abord reçu comme une curiosité : Gasolina en 2004, puis Danza Kuduro en 2010 ou Despacito en 2017. Autant de coups de projecteurs aussi soudains qu'éphémères.
« En France, on a toujours eu un rapport irrégulier avec la musique latino, explique Camille Ferrand, responsable éditoriale musique latine et Caraïbes chez Deezer. On tombe amoureux d'un morceau, on l'adopte, puis on oublie. »
Longtemps, le reggaeton a été jugé trop stéréotypé. Mais il a profondément évolué. « Le reggaeton est une musique liée à la fête et à la sensualité mais elle s'est réinventée », souligne Camille Ferrand. « L'arrivée d'artistes comme Rosalía, Ozuna ou C. -Tangana a rendu cette esthétique plus accessible au public français : plus pop, mais sans se renier », complète Ulysse Hennessy, directeur général du média Billboard France.