Pulp, Thomas Enhco, Little Simz... Notre sélection musique de la semaine
Éric Mandel et Aurélien Cabrol

Notres sélection musique de la semaine du 23 juin 2025.
LTD/DR
Éric Mandel et Aurélien Cabrol

Notres sélection musique de la semaine du 23 juin 2025.
LTD/DR
Avec le temps, on avait fini par faire son deuil. C'en était fini de Pulp, ce fleuron de la britpop (Blur, Oasis, Suede...), sans nouvel album depuis 2001 (le décevant We Love Life). Et puis le gang de sexagénaires originaires de Sheffield a retrouvé l'envie après une tournée triomphale en 2023 et la disparition de son bassiste, Steve Mackey.

Enregistré en à peine trois semaines avec le producteur James Ford (Fontaines D.C., The Last Dinner Party), More irradie d'une urgence et d'une vitalité contagieuses. « I was born to perform / It's a calling » (« je suis né pour me donner en spectacle, c'est une vocation ») clame Jarvis Cocker dans la chanson d'ouverture (Spike Island). Il le prouve sur chaque titre, tour à tour crooner à l'ironie mordante (My Sex), rocker prédicateur flamboyant (Got to Have Love), conteur au fil de ballades à l'os (The Hymn of the North). Les compositions rivalisent sans peine avec le meilleur de Pulp et le plaisir de jouer est palpable, avec un côté aventureux, loin de tout pilotage automatique.

Thomas Enhco est de cette génération qui, dès le plus jeune âge, s'est épanouie sans opposer classique et jazz. Un parcours sans doute écrit d'avance quand on est le fils d'une grande chanteuse soprano (Caroline Casadesus) remariée avec un immense violoniste de jazz (Didier Lockwood), mais dont le pianiste réussit, aujourd'hui, à faire une inspiration en plus d'une marque de fabrique. Après nous avoir enchantés de ses duos avec la percussionniste bulgare Vassilena Serafimova (Funambules en 2016 et Bach Mirror en 2021), il nous revient ici en solo pour célébrer l'œuvre de Mozart, qui l'accompagne depuis son plus jeune âge, avant même qu'il ne troque son violon pour le piano...
Convaincu que Mozart était avant tout un improvisateur de génie, Enhco s'empare ainsi d'une poignée de ses « standards » : Une petite musique de nuit, Marche des prêtres, Ave Verum Corpus, Kyrie, etc. Articulant les sentiments contraires qui animent l'œuvre de Mozart (humour, tragédie, légèreté, gravité, violence, douceur), il nous livre ici une performance tour à tour caressante, tendue, surprenante. Et bien sûr sertie de variations et d'inattendus qui fleurent bon le jazz, s'affirmant au passage en digne continuateur de Keith Jarrett et de Brad Mehldau, ses pianistes préférés.

En une petite décennie et une poignée d'albums irréprochables, Little Simz s'est imposée comme l'un des talents les plus fascinants de la scène rap britannique. C'est en tout cas l'avis de Kendrick Lamar ou du groupe Coldplay qui l'a invitée sur son single We Pray l'année dernière. Avec Lotus, en référence à cette plante sacrée capable de fleurir dans les eaux saumâtres, la Londonienne franchit un nouveau cap, provoqué par la trahison de son fidèle producteur qui l'a arnaquée financièrement.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

À lire également
Exit les machines et les ordinateurs, place à la musique live avec de vrais musiciens (batterie, saxophone, guitares, piano...). Résultat, un album résolument organique brassant soul racée, afro-beat fiévreux, post-punk rageur, musique classique, envolées jazz... Armée de son flow rauque et féroce, à l'aise dans tous les registres - confession, ego trip, chronique sociale, parodie -, la rappeuse et chanteuse déploie une virtuosité jamais démonstrative, toujours au service d'un propos, d'une émotion... Little Simz a définitivement tout d'une grande.
Éric Mandel et Aurélien Cabrol
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche
Ces macronistes bientôt arrimés à Pécresse