« Un bateau de croisière vole dans le ciel. Un homme se faufile entre des fromages géants. La colonne vertébrale d'une femme souffrante sort de son crâne. Mon père est assis sur sa tombe. Il pleut sur terre des points d'interrogation. » Ces mots ont été écrits à la queue leu leu, sans contrainte, sans logique. Mots venus de nulle part ? Non ! Mots venus de l'inconscient. L'écriture automatique précède, annonce la peinture surréaliste. Ses représentants révolutionnent tout en trempant leurs pinceaux dans l'inconscient. Freud montra dans les années 1920 l'importance de celui-ci, de l'écouter, de libérer ce fauve fou. Le mouvement surréaliste est indissociable de Freud, de l'homme que connut Freud, le poète et écrivain André Breton.
En 1924, Breton publie son Manifeste du surréalisme, une bible, un code de conduite, les fondations du mouvement. Depuis, celui-ci s'est inscrit dans l'histoire de l'art comme le furent l'impressionnisme avant ou le pop art après. Pour le gourou André Breton, « la peinture surréaliste ne peut se faire que sans contraintes morales ou esthétiques ». Dans le surréalisme, pas de jolis paysages sages mais des lions qui surgissent du ciel aguichés par une femme nue et alanguie (Dalí), mais un coquillage dont la tête du mollusque est une main féminine (Dora Maar), mais une chambre dont les murs sont des nuages et les objets contenus à l'intérieur sont devenus des géants (Magritte). Monstres (Max Ernst), formes étranges, êtres ou animaux non existants, paysages que la terre n'a pas osé inventer, les surréalistes l'ont fait.
Le mouvement en 5 dates
1500 Jérôme Bosch, précurseur proto-surréaliste
1924 Publication du Manifeste du surréalisme d'André Breton
1925 Première exposition surréaliste à Paris
1966 Mort d'André Breton, « fin » du surréalisme
2024 Centenaire de la naissance du mouvement surréaliste
D'un imaginaire à un autre