Chana Orloff, la vie plus puissante que l’art
Rebecca Sannino
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La Sculptrice Chana Orloff
© LTD / ATELIER-MUSÉE CHANA ORLOFF
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La Sculptrice Chana Orloff
© LTD / ATELIER-MUSÉE CHANA ORLOFF
Filmée dans son atelier, Chana Orloff imprime méticuleusement la forme de ses doigts dans la glaise pour dessiner les contours d'une future œuvre. Elle semble gênée par la caméra. Elle qui définissait son travail comme un moyen de « sculpter l'époque » n'a jamais souhaité en être le visage. « Elle estimait que ce n'était pas sa vie qui importait, mais ce qu'elle créait », nous confie son petit-fils, Éric Justman, qui anime les visites de l'atelier de Chana Orloff à Paris. La sculptrice n'a jamais confié son passé, ses exils, à ses petits-enfants ou à qui que ce soit.
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« Elle estimait que si l'on pouvait supporter les épreuves et les laisser derrière soi pour continuer à vivre, il fallait le faire », insiste Éric Justman. La vie de cette Juive née ukrainienne, trésor national aux yeux d'Israël, semble pourtant se faire l'écho de notre temps. Ses sculptures sont très visibles dans la capitale cette année : dans son atelier, au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme, où une sculpture spoliée, L'Enfant Didi, est exposée depuis novembre. C'est une des quatre retrouvées sur les 143 laissées à Paris le 15 juillet 1942, veille de la rafle du Vél' d'Hiv. Prévenue par son fondeur qu'elle va être arrêtée, l'artiste a le temps de fuir pour la Suisse en compagnie de son fils.
Rebecca Sannino