Pourquoi les assiettes des restaurants sont-elles de plus en plus petites ?
François Simon
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© LTD / OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
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Nous l'avions sans doute bien cherché. À nous entendre, nous voulions rejoindre les cieux. Être dans l'essence. Essentiels, quoi. Légers comme la plume, minces comme le
haricot vert et teint de pêche en bonus. Traverser les jours sans prendre de gramme, retrouver les jeans de notre adolescence, glisser à travers la foule telle la civelle, faire des jeûnes intermittents de vingt minutes. Et bim! La punition n'a pas tardé à tomber. Profitant de nos soudaines lubies et de la frénésie des charges, les restaurateurs ont trouvé la parade : réduire les assiettes. Bien souvent, les entrées arrivent servies sur des assiettes à dessert (18 à 22 centimètres) ; les poireaux vinaigrette jouent les allumettes, les œufs mollets s'arrêtent à la cheville. Les prix ont légèrement dérapé : grosso modo, ils ont étrangement réduit, mais c'est clair comme un (petit) nez au milieu du visage : on nous a rétréci nos assiettes. Deuxième punition, cela porte un nom anglais très moche : shrinkflation, et cette pratique fait des petits dont la cheapflation, dénoncée fort justement par Foodwatch, une association de consommateurs, surprenant une mayonnaise Maille (groupe Unilever) se voyant désapée subitement par la perte de 24,7 % de jaune d'œuf alors que son prix a augmenté de 12 %. Au demeurant, tout y passe : bâtonnets de surimi, tablettes de chocolat, vinaigre... Le temps lui aussi se met à rétrécir: « Vous venez à 19 heures et vous libérez la table à 20h30. » Oui, chef!
François Simon
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