La seule fois où Cléopatre Darleux a été arrêtée aussi longtemps, c'était pour donner naissance à sa fille, en novembre 2019. À son retour, la gardienne a remporté trois médailles avec l'équipe de France de handball, dont l'or olympique à Tokyo. Sera-t-elle prête pour la défense du titre à Paris 2024 ? Rien n'est moins sûr. Commotionnée en décembre 2022 avec son club, Brest, elle est éloignée des terrains depuis neuf mois et manquera le Mondial qui démarre mercredi en Scandinavie. « Le syndrome postcommotionnel est insidieux, explique Cindy Conort, médecin des Bleues à qui la joueuse de 34 ans a confié l'évolution de sa santé. La durée du rétablissement peut être extrêmement variable. »
Au lieu d'être rythmée par la préparation des JO, l'année de Cléopatre Darleux tourne autour de sa visite mensuelle dans une clinique spécialisée dans les neurosciences. « Ce qu'elle vit est terrible, compatit Vincent Gérard, son homologue de l'équipe de France masculine et président du syndicat des joueurs (AJPH). Sa situation met en lumière la gravité des commotions cérébrales, pour lesquelles aucun traitement miracle n'existe. » Luimême pense en avoir fait l'expérience la saison passée, lorsqu'il évoluait à Saint-Raphaël : en revoyant les images d'un ballon reçu au visage face à Cesson, il s'est rendu compte qu'il n'avait aucun souvenir de sa chute ; une commotion peut provoquer des pertes de mémoire, des troubles de l'humeur ou du sommeil.