Pour le dixième anniversaire de la disparition de Kate Barry, Quai de la photo lui rend hommage avec une rétrospective lumineuse. Autour d'une sélection de 80 clichés, l'exposition « My Own Space » dévoile l'art sensible d'une artiste qui la plupart du temps a vécu dans l'ombre de sa mère et de ses sœurs. L'occasion de découvrir des images souvent méconnues d'une personnalité à l'âme si fragile.
Principalement célébrée pour ses portraits de figures issues du monde de la musique, du cinéma et de la mode, la fille de Jane Birkin et du compositeur John Barry s'est également affirmée comme une photographe moderne, inspirée par un environnement familial où l'image est omniprésente. Des photos de Jane illuminée par le reflet du soleil breton, de ses sœurs Lou Doillon et Charlotte Gainsbourg. Mais aussi quelques autoportraits toujours pudiques, comme si elle nous demandait pardon d'exister. L'exposition révèle avec grâce la poésie et la mélancolie d'une artiste qui toute sa vie a été en quête d'absolu.
Son fils unique, Roman de Kermadec, s'était promis de continuer à faire vivre les photos de sa mère. Seul détenteur des droits artistiques, il a cédé en 2021 au musée Nicéphore-Niépce l'intégralité́ de ses négatifs couleur et noir et blanc, sa production numérique, ses planches-contacts et une sélection de tirages, dont une grande partie est présentée à Quai de la photo. Il témoigne plus que jamais de son besoin de transmission.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Quel a été votre premier sentiment en découvrant l'exposition ?
ROMAN DE KERMADEC - Je me suis demandé si elle serait fière d'elle et heureuse de voir ma volonté de faire perdurer son travail artistique. Je pense qu'elle serait très contente, même si elle aurait sans doute été tétanisée par le regard des autres sur son travail. Je me souviens d'un vernissage où ce fut le cas. Elle était bouleversée par une émotion qui oscillait entre la joie et la tristesse.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel