Face au changement climatique, le vin « écolo » s'impose dans nos caves
Anne-Charlotte De Langhe

À Saint-Émilion (Gironde), le domaine viticole du Château Fonplégade est certifié en agriculture biologique et en biodynamie.
latribune.fr
Anne-Charlotte De Langhe

À Saint-Émilion (Gironde), le domaine viticole du Château Fonplégade est certifié en agriculture biologique et en biodynamie.
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C'est l'un des chiffres qui ont le plus marqué la dernière étude SoWine/Dynata : aujourd'hui, environ un Français sur deux (51 %) prend le temps de regarder si la bouteille de vin qu'il souhaite acheter présente une certification environnementale. Une sensibilité plus forte chez les jeunes, davantage éduqués aux enjeux de protection de la planète, et ce jusque dans les vignes. « Il y a encore une vingtaine d'années, celui qui achetait un vin bio passait pour un hippie, amateur de vin amer et sentant le fumier de cheval, observe Marie Mascré, cofondatrice et dirigeante de l'agence SoWine. Entre-temps, les mentalités ont évolué, avec une conscience plus nette de ce que cela induit en matière de travail viticole et de qualité. »
À Carrefour, on note ainsi une nette montée en puissance de cette offre verte : incarnation liquide du programme Act for Food dans lequel est engagée la marque depuis 2018, pas moins de 750 vins labellisés bio, biodynamiques, HVE (haute valeur environnementale) et/ou sans sulfites seront placés en rayons durant la foire aux vins de cet automne. « Bien que les choix des consommateurs de 50 ans et plus restent assez conventionnels, nous nous devons de rester attentifs à tous ces nouveaux labels dont la génération des 18-30 ans est très friande », assure Jérôme Peter, manager marketing pour les formats Carrefour Market et responsable de l'offre pour les régions Languedoc, Provence, Corse, Rhône, Bourgogne et Beaujolais.
On notera en outre que, pour un client de supermarché confronté à pléthore de flacons, le label green joue comme une réassurance, très spécifique au monde du vin, « surtout si la marque n'est pas très connue », précise Marie Mascré. Dans les plus vastes enseignes Carrefour (type hypermarché), on s'est même employé à réunir au sein de corners bio spécifiques les vins les plus en phase avec les valeurs défendues ; un coup de pouce bienvenu pour les « puristes » du genre, ardents défenseurs du 100 % nature.
Un bémol vient toutefois relativiser cet engouement observé chez les amateurs : le prix, qui reste prépondérant « surtout chez les moins de 35 ans ». Ce même baromètre 2024 relève en effet que 48 % des Français (contre 43 % en 2023, soit +5 points) sont freinés par la dépense, jugeant les vins labellisés plus onéreux. Chez les cavistes comme sur les prospectus, ou de la part des vignerons eux-mêmes, un travail de pédagogie s'impose donc : « Si un vin bio est plus cher à produire, il est essentiel de savoir l'expliquer », juge-t-on chez SoWine. Les foires aux vins offrent heureusement une certaine latitude à la grande distribution pour aller en ce sens et expliquer leur démarche.
Il apparaît enfin que la réticence à l'achat est étroitement corrélée à une méconnaissance avouée des labels chez 39 % des consommateurs (+10 points par rapport à 2023 !). Terra Vitis, HVE, Demeter, Biodyvin - parfois couplés à ceux du commerce équitable, comme Fair for Life - peuvent donc autant semer la confusion qu'apporter un sentiment de sécurité. Certes, le logo AB (agriculture biologique) vert et blanc est le premier reconnu par les consommateurs mais, insiste Marie Mascré, « plus le label est vu, plus il est cru ».
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