Gastronomie : où sont passées les mères cuisinières ?
François Simon
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La mère Brazier, Alice Tuyet et Adeline Grattard.
© LTD / DR / Edouard Caupeil
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Marchons sur des œufs, si vous le voulez bien... Existe-t-il une cuisine de femme ? Une cuisine d'homme ? Hummm... Au demeurant, où sont passées les mères cuisinières, ces femmes qui dès le XVIIIe siècle s'émancipèrent dans les auberges, tables d'hôte avant l'heure ? La crise de 1929 allait pousser nombre de cuisinières employées dans les maisons bourgeoises à ouvrir leur propre affaire. De partout - Pont-Aven, le Mont-Saint-Michel, Paris, Royat, Condrieu, le Cantal et surtout Lyon - allait poindre cette fameuse cuisine des « mères », débonnaire, généreuse, enthousiasmant les nouvelles classes montantes, la politique et les gourmets.
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Elles n'avaient guère le souci de la communication. La mère Brazier n'accorda ainsi aucune interview. C'est elle qui forma des chefs comme Paul Bocuse, Bernard Pacaud. Elle entre dans la légende en obtenant deux fois trois étoiles pour ses tables de Lyon et du col de la Luère (1933). Depuis lors, où sont-elles passées ? « Elles sont mortes, répond Anne Etorre, autrice épicurienne du livre Olympe, une cuisinière libre, à paraître chez Hachette à la rentrée. Et avec elles une cuisine d'attention aux saveurs, de bienveillance. Il y eut bien Adrienne, Lulu Rousseau, Christiane Massia, mais avec Olympe s'ouvre une cuisine délibérément affranchie, loin des genres. »
François Simon
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