Il faut une sacrée résilience pour survivre à autant de haine. Si 2020 a été l'année qui la révélée avec son tube Ta Marinière, c'est aussi celle qui l'a anéantie jusqu'à lui donner des envies de tout abandonner. Parce qu'elle ne fait pas partie de ces artistes qui entrent dans les cases, parce qu'elle a osé parler ouvertement de son homosexualité. Parce que les paroles de ses chansons ont un sens. Alors que les homophobes lui ont déclaré la guerre, elle prône l'amour sans aucune justification. Est-ce Mathilde ou Hoshi qui nous reçoit dans un bistrot parisien ? « Les deux ont fusionné récemment pour ne faire plus qu'une. » Bonnet noir et blanc sur la tête et yeux soulignés d'un trait de khôl noir car sans maquillage, dit-elle, elle ressemble à une enfant. Une enfant que l'on a envie de serrer dans nos bras.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous m'avez demandé de ne pas citer le lieu où nous sommes actuellement.
HOSHI - Parce que depuis trois ans je reçois des menaces de morts par milliers. Dernièrement, j'ai porté plainte contre un cyberharceleur mais, à la suite d'une expertise psychologique, il a été considéré comme « fou », donc pas jugeable. Et cette personne-là se promène encore en toute liberté. Voilà pourquoi je ne me balade plus seule dans la rue car je me sens vraiment menacée. Dans Mauvais Rêve, le premier titre de l'album, j'évoque la question du harcèlement. C'était important pour moi car cela touche tout le monde. J'ai tenté de retracer ma vie, et les épreuves que j'ai pu rencontrer, en trois minutes trente.