« Le Cercle des poètes disparus », cornemuses et mélancolie
Armelle Héliot
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Stéphane Freiss et John Keating
© JMD PRODUCTION
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Stéphane Freiss et John Keating
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Cela commence sur le trottoir du boulevard de Strasbourg. Devant l'entrée du Théâtre Antoine, l'un des plus beaux de la capitale, les cornemuses vous attendent. Dans la salle, tandis que vous vous installez sous la douce incitation des ouvreuses en tenue de collégienne, un jeune élève cherche sa route... D'autres ont rejoint le plateau. N'en disons pas plus. Que la fête commence !
L'équipe artistique qui a mis au point ce spectacle ne s'est en rien égarée. Après une ouverture très dansante, la représentation elle-même commence. Tout sonne juste, tout émeut, des rires aux sourires ou chagrins, des scènes de groupe aux moments plus intimes. Une production de haute qualité qui séduit le public, qu'il connaisse ou non le film légendaire de Peter Weir et qu'il ait ou non au cœur la figure si attachante de Robin Williams, qui incarnait le merveilleux professeur de littérature des élèves de Welton, institution d'excellence.
Le temps a passé. Le titre du film demeure dans les esprits. Il a quelque chose de mystérieux: Le Cercle des poètes disparus. Il fit irruption, des États-Unis à l'Europe, puis sur la planète entière, à un moment clé, en 1989-90. On ne recevait pas en flux continu de cruelles nouvelles du monde. L'adolescence était encore un paradis.
Dans la salle, il y a des adultes qui connaissent le film et ont eu 15 ans dans les années 1960. Il y a les plus jeunes. Ils se retrouvent dans les tourments et les élans de ces élèves en quête d'eux-mêmes. La qualité d'écoute n'en est que plus forte.
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Adapté avec rigueur et finesse par Gérald Sibleyras, sans transposition inutile, le scénario de Tom Schulman fonctionne à merveille. Le décor est très harmonieux, les changements sont aussi fluides que rapides, les costumes heureux, comme la musique, la lumière. Mais tout cela ne serait rien sans une distribution formidable. Le groupe des six jeunes garçons est époustouflant. Magistralement choisis, ils défendent leurs personnages avec grâce et énergie, face à des adultes raides et sévères, comme le directeur ou le père intraitable de l'un d'eux. Et puis il y a « Ô capitaine, mon capitaine ». Détendu, tonique, provocateur, mais portant le secret, la fêlure, la blessure du personnage, Stéphane Freiss est John Keating. Le grand frère, le prof idéal qui donne tellement envie de savoir, d'en savoir toujours plus. Olivier Solivérès signe une mise en scène excellente. Du grand théâtre pour tous, d'une éblouissante harmonie, aussi bouleversante et drôle que grave.
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Armelle Héliot
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