La famille Hugo : la peinture comme refuge et royaume
Par Daniel Schick
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Victor Hugo et son petit-fi ls Georges, celui de « L’Art d’être grand-père », en 1885.
Reuters
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Victor Hugo et son petit-fi ls Georges, celui de « L’Art d’être grand-père », en 1885.
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Un ogre, un géant, un mythe est assis dans le train. La locomotive tire les wagons comme elle peut. Le train est secoué, ballotté. Il sursaute pour la plus grande joie de Victor Hugo et du petit-fils qu'il élève : Georges. Tous les deux ont une feuille à dessin sur les genoux et un crayon à la main. Les soubresauts du train créent les premiers traits chaotiques de leurs compositions accidentelles. Victor et Georges complètent le travail des chemins de fer français. Ils s'amusent. Leur complicité est évidente. Leur affection est totale depuis l'année noire de 1871. Victor perd son fils Charles. Georges perd donc son père. L'écrivain élève alors son petit-fils Georges. Victor Hugo dessine beaucoup, tout le temps. Georges est souvent à ses côtés, notamment à Guernesey, île d'exil de celui-là. Cet isolement fortifia leur rapprochement. Plus tard, en souvenir de ces jours heureux, Georges fera apparaître dans un de ses tableaux Victor descendant l'escalier de la maison de Hauteville à Guernesey. Georges est peintre donc, mais il s'appelle Hugo. Comme tous les descendants du grand homme, il doit se faire un prénom, d'autant que, si Hugo est un monument de l'écriture, il est aussi un formidable et prolifique dessinateur.
Par Daniel Schick