Rentrée littéraire : « Ilaria ou la conquête de la désobéissance » : l’épure de la douleur

Anna Cabana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gabriella Zalapi
© LTD / ROMAN LUSSER

Anna Cabana
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gabriella Zalapi
© LTD / ROMAN LUSSER
C'est si rare, de finir un livre en se disant qu'il ne contient pas un mot de trop. Depuis que Gabriella Zalapi a fait son entrée sur la scène du roman vrai avec Antonia, en 2019, on a pris goût à cette extrême épure qui, en allant droit au but, au cœur, à la moelle, parvient à faire jaillir chez le lecteur les geysers d'émotions que son écriture retient.
À lire également
Avec Ilaria ou la Conquête de la désobéissance, l'écrivaine anglo-italo-suisse de langue française pousse encore plus loin la chasse au sentimentalisme. Il faut dire qu'elle a mis la barre haut en choisissant un sujet douloureux entre tous : l'enfance déchirée entre deux parents. La narratrice, Ilaria, a 8 ans au début du livre. Lequel commence quand son père lui fait la surprise de venir la récupérer à la sortie de l'école, à Genève, où elle vit avec sa mère et sa sœur Ana depuis que ses parents sont séparés. Le terme « enlèvement » n'apparaîtra qu'une fois, dans l'un des nombreux télégrammes que le père envoie à la mère et dont il garde des copies sur lesquelles Ilaria attrape des mots à la volée : « Je refuse toute accusation d'enlèvement. » L'enfant, elle, ne nomme pas la situation, ces deux années de tribulations au hasard des villes sur les routes italiennes, de stations-service en petits hôtels, en passant par les prêteurs sur gage auprès desquels le père tente de revendre les montres, bracelets et colliers qu'ils sont allés indûment réclamer aux guichets des objets trouvés. Une cavale père-fille dont Gabriella Zalapi restitue les sensations et elles seules. Elle ne s'attache qu'à elles, au point qu'on entend la voix intérieure de cette petite fille forcée de marcher sur un fil tendu à se rompre entre ce papa fou de malheur qui est prêt à tout pour que sa femme renonce au divorce et cette maman qui est partie car elle ne supporte plus son mari.
Anna Cabana
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche