Riad Sattouf : « L’Arabe du futur est ma manière de faire de la science-fiction »
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Photo d'illustration
LTD/Magali Delporte
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On croyait qu'il en avait fini avec cette histoire. En 2022, Riad Sattouf met fin à L'Arabe du futur - Une jeunesse au Moyen-Orient, plus de mille pages dans lesquelles il racontait en bande dessinée son enfance et son adolescence, entre la Libye de Kadhafi, la Syrie d'Assad et la Bretagne, marquées par l'absence de son petit frère, kidnappé par son père. La saga l'a fait exploser auprès du grand public. Trois millions et demi d'exemplaires vendus et un grand prix à Angoulême plus tard, il crée la surprise en annonçant une série dérivée : Moi, Fadi, le frère volé, qui paraît cette semaine. Il reprend tout à zéro et change d'angle de vue. C'est aujourd'hui le frère perdu en 1991 et retrouvé en 2011, quand la guerre civile éclate en Syrie, qui raconte sa version de l'histoire.
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Ce matin de septembre, Riad Sattouf nous présente le volume tout juste sorti de l'imprimerie et, en bon control freak et désormais patron de sa propre maison d'édition, il a déjà vérifié que tout était parfait. De sa voix douce et posée, il oriente finement nos échanges et élude les questions d'actualité qu'amène son livre, notamment sur la Syrie ou sur Israël. Il ne donne pas dans la politique, encore moins la géopolitique, laissant le lecteur interpréter la matière de ce quotidien proche-oriental. Même maîtrise dans le shooting photo, durant lequel il sait exactement ce qu'il veut ou plutôt ce qu'il ne veut plus, comme les poses trop décalées qui relèguent le 9e art à un divertissement pour ados. Mais il a le contrôle charmant, mêlant profondeur, lui qui « ne travaille que sur des projets qui [le] font réfléchir », et légèreté surréaliste. Il avoue souvent se demander quel serait notre rapport au bien et au mal si l'on découvrait que les vaches étaient télépathes et dotées d'une incroyable sagesse... Rencontre tout en nuances avec ce maître du clair-obscur.
Pourquoi, après un sixième et dernier tome de L'Arabe du futur, revenez-vous à cette histoire ?
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