Un référendum pour faciliter l’accès à la nationalité se déroule ce week-end en Italie. Fidèle à sa politique identitaire, Giorgia Meloni s’y oppose, malgré la crise démographique qui s’aggrave.
Giorgia Meloni se rendra bien ce week-end à son bureau de vote, à Rome. Mais elle a prévenu : pas question ni de glisser un bulletin dans l'urne ni de cautionner les cinq référendums sur le travail et sur la nationalité organisé aujourd'hui et demain.
Bien sûr, sur les cinq questions posées, c'est celle sur la nationalité qui pose un vrai problème à la présidente du Conseil italien. Connue pour sa ligne dure sur l'immigration, la leader d'extrême droite est « très opposée » au texte qui propose d'assouplir l'accès à la citoyenneté pour les résidents non-européens, en abaissant la durée de résidence requise de dix à cinq ans. Une hérésie, selon celle qui juge la loi actuelle « excellente » et déjà « très ouverte », comme elle l'a encore répété jeudi 5 juin.
Ses alliés, le vice-Premier ministre Antonio Tajani (Forza Italia, droite) et le parti d'extrême droite La Lega de Matteo Salvini appellent ouvertement à l'abstention. L'objectif est stratégique : empêcher d'atteindre le quorum de 50 % de participation requis pour valider le référendum, et ainsi le faire capoter en cas de victoire du « oui ».
Le député centriste Riccardo Magi voit dans cette stratégie un « signe de faiblesse », alors qu'en seulement trois semaines, les promoteurs du scrutin sur la nationalité — parmi lesquels son parti Più Europa — ont largement dépassé le seuil des 500.000 signatures nécessaires pour forcer l'exécutif à consulter les Italiens.
Actuellement, en plus des dix années de résidence, les personnes nées hors Union européenne doivent également prouver un revenu minimum. La nationalité s'obtenant par le sang ou par naturalisation, avec ces critères, « beaucoup d'enfants qui ne connaissent que l'Italie comme pays n'ont pas la nationalité parce que leurs parents mettent du temps à l'obtenir. Cette zone grise ne favorise ni l'inclusion ni la cohésion », regrette Riccardo Magi.
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