Le gouvernement italien a réussi à résorber son déficit de manière spectaculaire l'année dernière, de quoi faire pâlir la France. Mais la dette publique, elle, explose...Avec une baisse à 2,3% du PIB au troisième trimestre 2024, l'Italie a résorbé à marche rapide son déficit public. Un an plus tôt, il atteignait, à cette même période, 6,3% du PIB, d'après les chiffres de l'Institut national italien des statistiques (Istat). Sur toute l'année, le déficit devrait ainsi atteindre 3,8%, selon la Commission européenne, contre 7,2% en 2023.
Une prouesse qui a même forcé l'admiration du président du Medef, Patrick Martin, lors d'une interview à L'Express publiée début janvier. « Je suis très admiratif de ce qui se passe d'une certaine manière en Italie. L'Italie, qui a une croissance plus faible que la nôtre, parvient à rétablir rapidement ses comptes par des mesures d'économies déterminées », a-t-il déclaré. À titre de comparaison, le déficit français devrait atteindre 6,1% du PIB en 2024, d'après Bercy. Après avoir déjà atteint 5,5% en 2023.
Pourtant, ce n'était pas gagné. L'Italie est visée par une procédure de l'UE pour déficit excessif depuis 2024, ainsi que six autres pays européens dont la France. Dans son plan de redressement, Rome a ainsi prévu de ramener le déficit à 3,3% en 2025 et à 2,8% dès 2026, sous le seuil des 3% imposés par Bruxelles.
Une décrue liée à la fin d'un dispositif onéreux
La raison principale de ce revirement de situation : l'abandon du Superbonus en 2024, tel qu'il existait, par le gouvernement de Gorgia Meloni. Cet avantage fiscal conséquent, lancé en 2020 par le gouvernement de Giuseppe Conte et sous forme de crédits d'impôts, a permis aux Italiens d'entreprendre des travaux de rénovations énergétiques. Mais en contrepartie, il a lourdement pesé dans les finances publiques, la facture pour l'État dépassant les 100 milliards d'euros.