L'Union européenne sait, elle aussi, déclencher des conflits commerciaux. Après des années de guerre sourde, elle vient d'entamer cette semaine un bras de fer avec l'Algérie qui ne pourra être réglé que par un arbitrage international. Les autorités de Bruxelles reprochent au gouvernement algérien des mesures de restrictions aux importations, en violation de l'Accord d'Association signé en 2002 entre les deux parties.
« Commercer et investir avec l'Algérie sont devenus de plus en plus difficiles pour les opérateurs économiques de l'UE en raison d'une série de barrières érigées par les autorités algériennes depuis 2021 », a regretté mercredi 16 juillet la Commission européenne qui a présenté ce recours à l'arbitrage international comme une solution après avoir « tenté de remédier à ces obstacles et a demandé des consultations avec l'Algérie en juin 2024 ».
Dans la cible de Bruxelles, on trouve ces décisions en cascades prises par le gouvernement algérien depuis 2021, notamment celle interdisant l'importation de « tout ce qui est produit localement ». La raison évoquée par le président Abdelmadjid Tebboune est de préserver les réserves de changes (estimées à 70 milliards de dollars en fin 2024 mais en chute ces derniers mois en raison de la baisse des prix des hydrocarbures).
Chaque année, le ministère algérien du Commerce établit une longue liste de produits et marchandises qui ne peuvent être importés, sans cibler précisément une zone géographique précise. Ainsi, beaucoup de produits manufacturés, des pièces automobiles en passant par des matériaux de construction, des produits textiles et des médicaments de large consommation ne sont plus achetés à l'étranger. A cela, s'ajoute une interdiction quasi-totale d'acheter des véhicules neufs alors que les constructeurs européens sont les principaux fournisseurs du marché algérien. Bénéficiant des relations excellentes entre Alger et Rome, seul l'italien FIAT, filiale de Stellantis, est autorisé à monter et à vendre certains de ses modèles.