Le procès en appel de l’écrivain est programmé le mardi 24 juin. Ses proches espèrent une grâce présidentielle. Pas une évidence tant les relations entre Paris et Alger sont au point mort.Le 24 juin, Boualem Sansal retourne au tribunal. Condamné en première instance le 27 mars à cinq ans de prison notamment pour atteinte à l'unité de l'Etat, l'écrivain franco-algérien sera, sauf report surprise, à nouveau jugé, cette fois par la Cour d'appel d'Alger.
L'auteur de 80 ans, incarcéré depuis novembre, pourrait aborder cette nouvelle épreuve de manière un peu plus sereine qu'il y a trois mois. Il a ainsi pu sortir de l'hôpital où il était soigné pour un cancer et est à nouveau détenu au centre de Koléa, à 35 km d'Alger, où, selon un proche du dossier, il serait bien traité. Selon une autre source, il reçoit la visite de son épouse, restée en Algérie, une fois tous les quinze jours.
Surtout -et ce serait un changement par rapport à son premier procès où il avait dû assurer seul sa défense- l'auteur du Serment des Barbares pourrait compter sur la présence d'un avocat à ses côtés mardi. Son conseil, François Zimeray, est certes toujours persona non grata à Alger.
« Nous sommes dans une situation atypique où ni la pondération, ni le respect des institutions judiciaires algériennes ne m'auront permis de me rendre aux côtés de Boualem, explique ce dernier. Dans ce contexte hypersensible où tout peut basculer, le mieux que je puisse lui offrir, c'est mon silence. » Me Zimeray dit toutefois travailler en étroite collaboration avec son confrère Pierre Cornut-Gentille, qui vient de récupérer le dossier. C'est lui qui assistera l'écrivain mardi. Sous réserve toutefois de la délivrance d'un visa qui, hier encore, n'était pas acquise.
Cela pourrait être l'occasion pour le chef de l'Etat Abdelmajid Tebboune de décider d'une grâce présidentielle.
Arnaud Benedetti