Trump et le pétrole : les industriels pourraient refuser d'ouvrir les vannes
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L'Agence américaine d'information sur l'énergie prévoit que la production américaine atteindra les 13,5 millions de barils par jour en 2025.
Reuters
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L'Agence américaine d'information sur l'énergie prévoit que la production américaine atteindra les 13,5 millions de barils par jour en 2025.
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Quelques jours après que Donald Trump a décrété un état d'« urgence énergétique », en revenant notamment sur des interdictions de forage de pétrole dans plusieurs zones, dont l'une dans une aire protégée d'Alaska, les inquiétudes se font sentir du côté des producteurs d'or noir.
Face à la perspective d'une offre trop abondante, alors que la demande mondiale actuelle inquiète les marchés, les producteurs américains pourraient refuser d'appuyer sur l'accélérateur pour éviter que les prix du brut ne chutent trop, selon les analystes. Les entreprises pétrolières américaines « vont agir dans leur propre intérêt économique et forer lorsqu'elles verront que c'est rentable », cela « dépendra du prix du pétrole et du retour sur capitaux investis », a résumé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
Certaines des grandes majors pétrolières s'étaient d'ailleurs déjà montrées prudentes face à l'offre mondiale. « Nous voyons des niveaux records de demande de pétrole, des niveaux record pour les produits sortant de nos raffineries », avait relevé en novembre 2024 le patron d'ExxonMobil, Darren Woods, sur CNBC. Mais « il y a beaucoup de quantités disponibles dans le monde actuellement, et beaucoup viennent des États-Unis », a-t-il ajouté. Le patron avait parlé de rationaliser la production, rappelant qu'après la fusion d'Exxon et Mobil en 1999, le groupe détenait 45 raffineries. Lorsque Darren Woods en a pris les commandes en 2017, il n'en comptait plus que 22, a-t-il précisé sur CNBC.
Des messages et des actions de l'industrie pétrolière qui vont à l'encontre du slogan du nouveau président américain. « Nous allons forer à tout-va », a déclaré le président républicain lors de son discours d'investiture, une formule devenue l'un de ses slogans de campagne (« We will drill, baby, drill »). « Nous redeviendrons une nation riche et c'est l'or (noir) liquide sous nos pieds qui nous y aidera », a-t-il ajouté. Le président américain entend accroître la production de pétrole et de gaz pour « remplir les réserves stratégiques » et « exporter l'énergie américaine dans le monde entier », a-t-il précisé. Trump souhaite aussi diminuer le coût de l'énergie pour les consommateurs américains.
« Il est difficile de concevoir la notion "d'urgence énergétique", alors que les États-Unis ont produit 13,2 millions de barils de pétrole brut par jour en 2024 », soit « plus que tout autre pays », rappelle cependant auprès de l'AFP Stewart Glickman, de CFRA. L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) prévoit d'ailleurs que la production américaine atteindra les 13,5 millions de barils par jour en 2025, « un nouveau record annuel », a ajouté l'analyste.
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La nouvelle administration américaine « doit justifier les augmentations de production par des résultats mesurables, elles doivent être rentables », a commenté Robert Yawger, chez Mizuho USA. « Ils ne vont pas répéter le problème que nous avons connu dans le passé, à savoir une surabondance de l'offre sur le marché et de la disparition de la poule aux œufs d'or », a-t-il ajouté.
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« Les politiques énergétiques malavisées et irrationnelles sont révolues », a commenté Jeff Eshelman, directeur de l'organisation professionnelle Independent Petroleum Association of America (IPAA), en réaction aux annonces de Trump. « Les vastes ressources de l'Amérique seront libérées de manière responsable », a-t-il ajouté.
(Avec Nina Iseni, AFP)
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