C'est l'un des pires exodes du XXIe siècle. Chaque semaine depuis l'automne 2023, des milliers de réfugiés afghans se pressent malgré eux contre les barrières des postes-frontières de Chaman et de Torkham afin de regagner leur pays. Ainsi en a décidé le gouvernement pakistanais, qui a déclenché le 1er avril la deuxième phase d'une gigantesque opération d'expulsion contre 3,4 millions d'Afghans installés sur son territoire, parfois depuis plus de trois décennies.
Au printemps, 800 000 personnes titulaires d'une carte de résident ont ainsi été sommées de quitter le Pakistan sous peine d'être arrêtées. Au total, selon l'ONU, ils sont 1 million à déjà avoir tout abandonné depuis septembre. Islamabad prévoit une troisième phase à son plan de déportation ; elle sera effective le 1er juillet, et visera cette fois les détenteurs d'une carte de réfugié.