Les européens sont les prochains sur sa liste. Mercredi, Donald Trump devrait en effet franchir une nouvelle étape dans la guerre commerciale qu'il a déclarée au reste du monde en taxant à 25 % l'acier et l'aluminium entrant sur le territoire américain. Une deuxième secousse, nettement plus élevée sur l'échelle de la disruption de l'ordre économique et commercial mondial, est attendue le 2 avril.
Washington fera alors connaître ses projets au titre du « Fair and Reciprocal Plan », un plan qui vise à faire primer l'« équité » et la « réciprocité » dans les rapports commerciaux entre les États-Unis et ses partenaires. Des principes définis de façon « très vague », selon Étienne Höra, chercheur à la Fondation Bertelsmann, mais qui, pour les Vingt-Sept, pourraient se traduire par des menaces de taxes douanières faramineuses, comme ont déjà eu à les subir les Canadiens ou les Mexicains.
Interrogé il y a une semaine sur ce qui déterminera ces futures « mesures réciproques », le secrétaire au Trésor Scott Bessent est resté flou. « Cela dépendra de chaque situation, a-t-il expliqué. Quels sont les tarifs des autres pays sur des biens spécifiques ? Quelles sont les barrières non tarifaires ? Quelles sont les manipulations de la monnaie, du financement ou de la main-d'œuvre ? Quid de ces horribles amendes infligées par l'Union européenne à nos entreprises technologiques ? » « Ce qui est entrepris par les États-Unis est très nouveau, estime Olivier Prost, avocat associé chez Gide Loyrette Nouel. Cela va bien au-delà des tarifs douaniers. C'est de la régulation du commerce international, mais hors des règles de l'OMC ! »