Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa : « Le monde entier subira le contrecoup »
Marie-Pierre Gröndahl
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Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa.
LTD/AXA IM
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Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa.
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LA TRIBUNE DIMANCHE — La hausse spectaculaire des barrières douanières
entraînera-t-elle une récession ?
GILLES MOËC — Aux États-Unis, cela ne fait plus guère de doute. La punition est auto-infligée. Le premier choc sera celui de la hausse des prix. Compte tenu du poids des importations, directes et indirectes, qui représentent 10 % du panier moyen de la consommation, l'inflation augmentera automatiquement de 2,5 %, à cause des tarifs douaniers, qui grimpent de 10 % à près de 67 % pour les produits et biens exportés par la Chine. Si l'on ajoute ce chiffre au niveau actuel de l'inflation, elle atteindra très rapidement de 4 à 5 %.
Cela suffira-t-il à provoquer une récession ?
Une forte hausse des prix freinera la consommation, d'autant que le dollar est en train de se déprécier. Or elle est le principal moteur de l'économie américaine. Sa baisse aura des conséquences majeures sur la croissance dans son ensemble, qui était encore estimée à 1,5 % en 2025 il y a quelques semaines. D'où un risque très élevé de stagflation - hausse des prix et croissance nulle - dans les six mois à venir. Le manque de confiance et le climat généralisé d'incertitude créés par ces mesures, bien plus lourdes qu'attendu, entraîneront ensuite un recul des investissements. Mais cela prendra plus de temps à se manifester.
Marie-Pierre Gröndahl