Face aux 54% de taxes douanières qui frappent la Chine, l’Europe pourrait devenir un marché de recours pour Pékin. Les pessimistes craignent le risque de dumping. Les optimistes croient à un possible accord d'investissement.C'est une surprise pour personne. Donald Trump a frappé un grand coup hier contre son rival de toujours, la Chine, désormais lourdement taxé à 54% sur l'ensemble de ses importations vers les États-Unis.
Depuis l'arrivée au pouvoir du président Trump à la Maison-Blanche, les deux rivaux se livrent une guerre sans merci. En février, l'administration Trump a lancé ses premières offensives contre Pékin en imposant des droits de douane de 10 % sur les importations chinoises. En réponse, la Chine a riposté en appliquant des droits de douane de 10 % et 15 %, ciblant le gaz naturel liquéfié (GNL), le charbon américain, le pétrole et le matériel agricole.
Mais Trump ne comptait pas en rester là. Début mars, le président américain a relevé le tarif douanier sur les importations chinoises de 10 à 20 %. Mercredi 2 avril, Pékin a été de nouveau frappé par 34% de taxes douanières américaines, qui se rajoutent au 20% existantes. Le calcul est vite fait, c'est désormais 54% de taxes douanières qui frappent la Chine.
À l'instar des autres « Dirty 15 » (les « 15 salopards », ces partenaires avec lesquels les États-Unis affichent le plus grand déficit commercial), la Chine a subi l'assaut du président Trump hier lors du « libération day ».Parmi ces « Dirty 15 » se trouvent l'Union européenne, le Mexique, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, l'Inde et la Chine, tous frappés par les annonces de Trump du mercredi 2 avril.Mais la Chine n'a pas l'intention de rester passive face aux sanctions américaines ; le pays se prépare depuis plusieurs mois à riposter.
Pékin joue la carte de l'ouverture
Alors que le pays est la cible principale du président Trump, Pékin tente d'attirer les entreprises étrangères. Le 11 mars dernier, le président chinois Xi Jinping a affirmé, lors d'une rencontre avec des chefs d'entreprises, que les portes de son pays s'ouvriraient « de plus en plus grandes », ajoutant que « la Chine s'est fermement engagée à faire progresser les réformes et l'ouverture ».