Limiter la casse. C'est la lourde tâche qui attend Keir Starmer lors de son déplacement à Washington jeudi prochain. Après Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique sera le deuxième dirigeant européen à rendre visite à Donald Trump depuis la réélection de celui-ci. Ce déplacement se déroule dans un contexte particulièrement explosif, alors qu'une rupture historique menace les relations entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie. Le sujet le plus urgent est bien sûr celui de l'Ukraine, sur lequel Keir Starmer et Donald Trump sont aux antipodes l'un de l'autre.
Keir Starmer a toutefois indiqué qu'un déploiement des troupes britanniques en Ukraine ou dans un pays voisin serait conditionné à un soutien américain. C'est sans doute une promesse allant dans ce sens que le dirigeant britannique va s'efforcer d'arracher dans le Bureau ovale.
Mais ses équipes préviennent : pas question de brusquer le locataire de la Maison-Blanche. Le ton adopté par leur chef devrait être conciliant. Starmer pourrait se plier à la demande de Trump d'augmenter le budget de la défense britannique. Il devrait aussi lui transmettre une invitation officielle de Charles III pour une visite dans le royaume. Un proche, cité par The Guardian, pose ainsi les choses : « Macron représentera l'UE. Notre rôle est sensiblement différent. Nous voulons servir de pont entre les États-Unis et l'Europe. »
Quelques rares atouts
Le dirigeant britannique devrait également chercher à éviter la guerre commerciale entre les deux pays - Donald Trump a en effet évoqué l'idée de mettre en place des tarifs douaniers sur tous les produits britanniques entrant aux États-Unis, d'un montant équivalent à la TVA sur les produits américains vendus au Royaume-Uni. Peu probable toutefois qu'il y parvienne sans faire de concessions au président américain. Starmer pourrait par exemple promettre d'acheter davantage de gaz américain.
Guillaume Renouard, correspondant à Londres