Est-ce l'influence de Donald Trump, qui fut le roi des casinos avant de devenir celui de l'Amérique ? Les négociations autour de la guerre en Ukraine ressemblent de plus en plus à une immense partie de poker. Un poker menteur, évidemment, où les participants abattent quelques cartes mais gardent les meilleures, surveillant les réactions de leurs adversaires. Hier, ce sont les Européens, pour l'instant officiellement exclus des discussions engagées par Donald Trump, qui ont montré qu'ils avaient du répondant.
D'autant qu'ils ont rallié à eux des pays importants comme le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou la Turquie pour former une coalition plus large. Après les réunions des chefs d'état-major puis des ministres de la Défense cette semaine à Paris, ce sont vingt-cinq dirigeants qui ont échangé hier lors d'un sommet virtuel organisé par le Royaume-Uni. L'idée était, à nouveau, de travailler sur cette idée de force alliée qui pourrait être déployée en Ukraine une fois la paix signée.
Même si Vladimir Poutine s'y oppose absolument et que Donald Trump refuse pour l'instant de garantir un soutien des États-Unis, les Européens continuent de développer ce projet, censé empêcher les Russes de violer la trêve et offrir la garantie de sécurité que Kiev réclame. Une nouvelle réunion, rassemblant cette fois les responsables militaires, a été programmée pour jeudi prochain.
Le même jour s'ouvrira un nouveau Conseil européen où l'Ukraine et la défense du Vieux Continent devraient tenir une place importante Les Européens ont aussi profité de ce sommet de Londres pour mettre la pression sur Poutine, après sa réponse plus qu'ambiguë à la proposition de cessez-le-feu de trente jours formulée par Donald Trump cette semaine (lire ci-contre).