Après un échange avec Poutine, Trump entrevoit un cessez-le-feu en Ukraine
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Donald Trump et Vladimir Poutine en 2018 à Helsinki.
Kevin Lamarque
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Donald Trump et Vladimir Poutine en 2018 à Helsinki.
Kevin Lamarque
[Article publié le jeudi 13 février 2025 à 07h41 et mis à jour à 11h27] Lors de sa campagne il avait promis de résoudre le conflit en 24 heures. S'il n'a pas tenu littéralement sa promesse, Donald Trump a malgré tout convenu avec Vladimir Poutine de lancer des négociations « immédiates » sur l'Ukraine. Et promis une rencontre en personne avec son homologue russe. « Il viendra ici, et j'irai là-bas, et nous nous verrons probablement en Arabie Saoudite la première fois », a-t-il affirmé mercredi lors d'un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, sans donner de date. Il prévoit un cessez-le-feu « dans un futur pas si lointain » en Ukraine.
« Nous voulons mettre fin aux millions de morts liées à la guerre Russie/Ukraine. Le président Poutine a même utilisé mon très percutant slogan de campagne: 'BON SENS'. Nous y croyons tous deux très fortement », s'est-il félicité, en rapportant un premier échange téléphonique avec le président russe depuis son retour au pouvoir le 20 janvier. « La conversation s'est très bien passée. Comme le président Poutine, veut faire la PAIX », a également écrit Donald Trump dans une publication sur son réseau social Truth, ajoutant que le président ukrainien échangerait vendredi à Munich, en Allemagne, avec son vice-président J.D. Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio.
L'appel téléphonique survient au lendemain de la libération par la Russie d'un Américain, Marc Fogel, condamné pour possession de drogue. En retour, les États-Unis ont accepté de libérer le Russe Alexander Vinnik, condamné pour des délits liés aux cryptomonnaies. Mercredi, Washington a aussi annoncé la libération de trois personnes « détenues » au Bélarus, dont une de nationalité américaine.
Le Kremlin a même indiqué jeudi vouloir « assez rapidement » une rencontre entre les deux dirigeants disant vouloir, au-delà de l'Ukraine, évoquer la sécurité en Europe et les préoccupations de Moscou.
Vladimir Poutine a dit mercredi à Donald Trump vouloir trouver une « solution de long terme » au conflit ukrainien via des « pourparlers de paix », a annoncé le Kremlin, parlant d'un appel téléphonique de près d'une heure et demie. Dans la foulée, le président américain a informé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Pour sa part, le chef d'État ukrainien a souligné qu'ils avaient « longuement parlé des possibilités de parvenir à la paix ».
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Cette chronologie - Vladimir Poutine d'abord, Volodymyr Zelensky ensuite - souligne la rupture, dans le ton et sur le fond, avec la politique de soutien à l'Ukraine de l'ancien président Joe Biden. Le démocrate, qui a fait des États-Unis le premier appui militaire de Kiev tout en orchestrant la réponse occidentale à l'invasion russe de février 2022, n'avait de cesse de dénoncer « l'agression » de la Russie, une terminologie totalement absente dans les déclarations de son successeur républicain.
Donald Trump a ainsi jugé qu'une adhésion de l'Ukraine à l'Otan, voulue par Kiev mais absolument rejetée par Moscou, ne serait « pas réaliste ». Il a également dit qu'il « faudrait des élections à un moment ou un autre » en Ukraine. Sans la loi martiale, en place depuis février 2022 et qui empêche la tenue de ce scrutin, l'élection présidentielle dans le pays aurait dû avoir lieu en mars 2024. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth a en particulier jugé « irréaliste » un retour de l'Ukraine à ses frontières d'avant 2014, c'est-à-dire comprenant la Crimée.
La Russie considère l'élargissement de l'Otan à ses frontières comme une menace existentielle et avait adressé aux Occidentaux en décembre 2021, à quelques semaines du début de l'offensive contre l'Ukraine, une liste de demandes afin d'obtenir des garanties de sécurité. Ces propositions comprenaient l'interdiction pour l'Ukraine et d'autres pays d'ex-URSS d'adhérer à l'Alliance atlantique, ainsi qu'un retrait des troupes et armements de l'Otan des pays ayant rejoint l'organisation après mai 1997, ce qui inclut les pays baltes et la Pologne, frontaliers de la Russie, ou encore la Roumanie et la Bulgarie, riverains de la mer Noire.
Mais les pays européens n'ont pas apprécié d'être pris de court, et réclament une place à la table des négociations. Pour le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, il est « regrettable » que les États-Unis aient fait d'emblée des concessions « avant même le début des discussions », tandis que le chancelier Olaf Scholz a dit à Politico refuser une « paix imposée » à l'Ukraine. « À mon avis, il aurait été préférable de parler de la question de l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan ou de possibles pertes de territoire à la table des négociations », a affirmé Boris Pistorius devant la presse.
Plusieurs pays européens ont insisté sur la nécessité que rien ne se fasse sans l'Ukraine et que l'Europe soit bien présente à la table des futures discussions. « Il ne peut pas y avoir de négociation sur l'Ukraine sans l'Ukraine », a affirmé le ministre britannique de la Défense John Healey, faisant écho à des déclarations similaires de ses collègues des Affaires étrangères mercredi à Paris. « Pour nous, il est tout à fait naturel que nous, en tant qu'Alliés européens, soyons engagés dans ces discussions », a affirmé le ministre suédois de la Défense Pal Jonson. L'an dernier, nous avons fourni environ 60 % du soutien militaire » à l'Ukraine, a-t-il rappelé.
L'Ukraine doit être « étroitement engagée » dans toute négociation de paix et tout accord doit être « durable », a averti de son côté le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte. L'annonce de l'ouverture « immédiate » de négociations de paix sur l'Ukraine entre les États-Unis et la Russie, et le discours de vérité du nouveau secrétaire américain à la Défense exigeant des Européens qu'ils se prennent en mains, a eu l'effet d'un coup de tonnerre au siège de l'Alliance. « C'est un grand moment de vérité » pour l'avenir de l'Otan, a ainsi jugé le ministre français de la Défense Sébastien Lecornu. « On dit que c'est l'alliance militaire la plus importante, la plus robuste de l'histoire. C'est historiquement vrai, la vraie question c'est : est-ce que dans 10 ou 15 ans ce sera toujours le cas ? » , a-t-il ajouté.
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L'initiative prise par Donald Trump directement avec Vladimir Poutine sur l'Ukraine n'est pas une « trahison » de ce pays, a assuré jeudi le chef du Pentagone, Pete Hegseth, lors d'une réunion avec les alliés européens. « Il y a la reconnaissance que le monde entier et les États-Unis sont investis dans la paix, une paix négociée », a-t-il ajouté, avant le début d'une réunion des ministres de la Défense de l'Otan.
(Avec AFP)
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