En quête d'alliés, Vladimir Poutine tente de séduire les pays africains
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[Article publié le dimanche 10 novembre 2024 à 11H36, mis à jour à 12H50]
Vladimir Poutine cherche à sécuriser ses alliés africains. Ce dimanche, il a promis un « soutien total » de Moscou aux pays africains, à l'occasion d'une conférence ministérielle Russie-Afrique à Sotchi (sud-ouest de la Russie).
« Notre pays va continuer d'apporter son soutien total à nos amis africains dans différents domaines », a déclaré Vladimir Poutine dans une adresse, lue par son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov devant les participants à la conférence.
Cette conférence organisée avec de hauts responsables de pays africains samedi et dimanche sur les rives de la mer Noire, fait suite à deux sommets Russie-Afrique, qui ont eu lieu en 2019 (Sotchi) et 2023 (Saint-Pétersbourg). Selon Sergueï Lavrov, grâce au « rythme qui a été donné » par ces deux sommets les relations russo-africaines se renforcent « de plus en plus ». « Nous voyons du progrès dans tous les axes » de la coopération, s'est-il félicité.
Avec cette conférence à Sotchi le Kremlin entend apporter une nouvelle illustration du « monde multipolaire » qu'il veut promouvoir dans son face-à-face avec les Occidentaux. Vladimir Poutine a dit espérer un renforcement de « l'ensemble des liens russo-africains », à l'issue de cette conférence qui fait suite à deux sommets Russie-Afrique en 2019 et 2023. Elle intervient après le sommet des Brics en octobre à Kazan (Russie), où Vladimir Poutine avait voulu démontrer l'échec de la politique d'isolement et de sanctions engagée contre son pays par les pays occidentaux après l'assaut russe en Ukraine en février 2022.
Depuis plusieurs années, la Russie, qui fut un acteur incontournable en Afrique à l'époque soviétique, pousse ses pions dans les pays africains où la rhétorique russe contre « le néocolonialisme (et pour) un ordre mondial plus juste » trouve de l'écho auprès d'une grande partie des responsables africains. « La Russie n'est pas une puissance coloniale (et) n'a jamais été une puissance coloniale », a assuré samedi le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, en marge de la conférence Russie-Afrique. « Bien au contraire, elle a été aux côtés de peuples africains et d'autres peuples dans le monde pour les aider à sortir du système colonial », a-t-il soutenu.
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En 2023, Moscou a aussi livré pour plus de 5 milliards de dollars d'armement sur le continent africain (4,7 milliards d'euros), selon l'entreprise publique russe Rosoboronexport. Mais, pour les responsables réunis à Sotchi, le soutien doit aller au-delà des questions sécuritaires. « Il faut développer le numérique, le digital en Afrique centrale », avec un accompagnement de la Russie dans ces domaines, a déclaré à l'AFP Marie Thérèse Chantal Ngakono, commissaire à l'aménagement du territoire et aux infrastructures à la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC).
De grands groupes russes s'intéressent aussi de près aux matières premières de l'Afrique: Alrosa en Angola et au Zimbabwe (diamants); Loukoïl au Nigeria, au Ghana, au Cameroun et en République du Congo (pétrole); Rusal en Guinée (bauxite)... « Nous avons plus de 75 minéraux en Afrique. Et ils ne sont pas bien utilisés », a indiqué à l'AFP Young Piero Omatsaye, fondateur de l'organisation Jet Age Nation builders visant à promouvoir l'avancée du continent africain. « Grâce à un partenariat avec la Russie », l'un des plus grands exportateurs de gaz, de pétrole et de diamants, « nous allons pouvoir bien utiliser ces ressources », a estimé cet homme politique nigérian.
Toutes ces mains tendues sont à mettre au regard de la position de la Russie dans le monde. Pour Bakary Sambé, directeur du Timbuktu Institute de Dakar, interrogé cette semaine par l'AFP, la question d'un partenariat sur le long terme se pose néanmoins : « Est-ce que la Russie accorderait le même intérêt à l'Afrique si la guerre en Ukraine se terminait ? », est-elle une « vraie priorité stratégique » ou un intérêt conjoncturel lié à son bras de fer avec l'Occident ? Car, suite à l'invasion de l'Ukraine, Moscou s'est mis à dos l'Europe et les Etats-Unis. Le Kremlin cherche donc de nouveaux alliés alors que la guerre fait toujours rage deux ans après le début du conflit.
La Russie signale abattre presque quotidiennement des drones ukrainiens au-dessus de son territoire. De son côté, Kiev dit mener ses frappes sur la Russie, qui visent d'ordinaire surtout des sites énergétiques, en réponse aux bombardements russes meurtriers qui détruisent ses infrastructures et dévastent ses villes depuis le déclenchement par Vladimir Poutine de l'assaut de grande ampleur sur l'Ukraine en février 2022.
D'ailleurs, ce dimanche, le ministère russe de la Défense a annoncé sur Telegram avoir « déjoué une tentative d'attaque terroriste par le régime de Kiev », en détruisant un total de 70 drones dans la matinée, dont 34 dans la région de Moscou. Les autres ont été abattus dans les régions limitrophes de Moscou de Kalouga (7) et Toula (2), et dans trois régions frontalières de l'Ukraine, celles de Briansk (14), Oriol (7), Koursk (6). Cette opération dans la banlieue de Moscou intervient quatre jours après une attaque massive de drones russes sur la capitale ukrainienne, visée quasiment quotidiennement depuis un mois.
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Le Kremlin a estimé que Donald Trump avait montré des « signaux positifs » concernant la position du président élu américain sur le conflit armé entre la Russie et l'Ukraine.
« Les signaux sont positifs. Trump, pendant sa campagne électorale, a dit qu'il perçoit tout cela (le conflit en Ukraine, NDLR) via des accords. Et qu'il peut obtenir un accord qui amène à la paix », a affirmé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, dans une interview diffusée dimanche.
(Avec AFP)
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