Droits de douane : le jeu dangereux de Donald Trump avec le Brésil
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Les élections brésiliennes auront lieu en 2026, et Lula n’a pas caché son ambition d’effectuer un quatrième mandat.
Adriano Machado
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Les élections brésiliennes auront lieu en 2026, et Lula n’a pas caché son ambition d’effectuer un quatrième mandat.
Adriano Machado
Le torchon brûle entre Washington et Brasília. Le président américain a menacé ce mois-ci le Brésil de 50 % de droits de douane supplémentaires à partir du 1er août. Et pour établir des bases juridiques solides et imposer ces surtaxes, le gouvernement a lancé mardi dernier une enquête contre le pays pour « pratiques commerciales déloyales ».
Pour autant, parmi la vingtaine de pays ayant reçu la fameuse lettre spéciale du président leur annonçant des surtaxes douanières, le Brésil est le seul avec qui les États-Unis enregistrent un excédent commercial. C'est-à-dire que les Américains exportent davantage de biens au Brésil qu'ils n'en importent.
Rien qu'en 2024, cet excédent a atteint 7,4 milliards de dollars, en augmentation de près de 32 % par rapport à l'année précédente, pointe les chiffres du Bureau du représentant américain au commerce. « La balance commerciale est même excédentaire depuis 2008 », complète Adriana Meyer, économiste et spécialiste de l'Amérique latine chez BPI France.
Mais en toile de fond se joue un conflit politique. Dans sa lettre, Donald Trump justifie en partie ses tarifs douaniers par la « chasse aux sorcières » menée au Brésil contre Jair Bolsonaro. L'ancien président du pays d'Amérique du Sud, un proche du milliardaire américain, doit être jugé au Brésil pour tentative de coup d'État en 2022 et risque quatre ans de prison.
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Un chantage qui a rapidement indigné le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva. « Il ne faut pas que le président Trump oublie qu'il a été élu pour gouverner les États-Unis... et non pour être l'empereur du monde », a-t-il ainsi déclaré jeudi dernier sur la chaîne américaine CNN, tout en insistant sur l'indépendance du pouvoir judiciaire au Brésil. Il n'a pas hésité non plus à tirer une comparaison avec l'assaut du Capitole aux États-Unis en janvier 2021 : « Si Trump était brésilien et s'il avait commis ce qui s'est passé au Capitole, il serait également jugé au Brésil. Il aurait peut-être violé la Constitution. Selon la justice, il serait également arrêté s'il avait commis un tel acte ici, au Brésil ».
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