Vaticaniste réputé, auteur du livre Le Dernier Pape, paru en septembre en France, Giovanni Maria Vian dresse un bilan sans concession du pontificat de François. Et livre quelques clés sur le profil de son successeur...
LA TRIBUNE DIMANCHE — Pourquoi François serait-il le « dernier pape », selon le titre de votre livre ?
GIOVANNI MARIA VIAN — En réalité, je ne suis pas certain que François soit le dernier pape. C'est une référence à la prophétie de Malachie, un moine irlandais du XIIe siècle qui dresse une liste d'une centaine de papes avec pour chacun une devise latine. Mais ce document est un faux, rédigé en 1590, probablement pour favoriser un cardinal lors d'un conclave. Par cette longue série de papes à venir, il s'agissait aussi de répondre aux protestants qui misaient sur la fin de la papauté ! Dans cette succession de devises, Benoît XVI serait donc la « gloire de l'olivier ». En revanche, « Pierre romain », désigné comme le pape de la fin du monde, ne semble pas correspondre à François. La question du « dernier pape » reste donc, pour l'instant, sans réponse. Benoît XVI, qui ne croyait pas à cette prophétie, avait ironisé : « Il ne faut pas en déduire que la papauté serait finie. Mais plutôt que la liste n'était pas encore assez longue ! »