Rebondissement majeur dans le dossier de l'A69. Trois mois après la mise à l'arrêt du chantier, la cour administrative d'appel a prononcé, mercredi 28 mai, un sursis à exécution, jugeant sérieuse la raison impérative d'intérêt public majeur invoquée pour sa construction. Cette décision ouvre un boulevard à la reprise des travaux. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, s'est empressé d'annoncer qu'ils « reprendront à partir de mi-juin de manière progressive ».
Dans les faits, cette remise en marche s'avère plus complexe. À l'annonce de sa suspension, le constructeur de l'autoroute, Guintoli, a licencié 87 personnes qui ne pouvaient pas être réaffectées dans l'Hexagone, 125 intérimaires ont vu leur contrat s'arrêter et 300 emplois de sous-traitants sont passés à la trappe.
« Au pic d'activité, un millier de personnes travaillaient sur place. Nous ne pouvons pas les faire revenir du jour au lendemain en claquant des doigts. Certaines ont été renvoyées, d'autres mutées sur d'autres constructions. Cela va prendre aussi un peu de temps pour rapatrier les 350 engins présents sur place fin février. Une partie de ces machines ont été déplacées sur d'autres ouvrages », explique Martial Gerlinger, directeur général d'Atosca, le concessionnaire de l'autoroute.
En attendant, selon nos informations, dès le mois de juin pourront être engagées l'inspection des bassins de rétention des eaux, la gestion de la faune locale et des plantes invasives. Viendra ensuite la reprise des opérations de terrassement, réalisées à 45 %, d'après Atosca, courant juillet et août. L'installation des centrales à bitume, prévues à l'origine pour le mois de mars, devrait intervenir à la rentrée.