Les retraités passent à l’offensive
Marc Fiorentino

Retrouvez chaque semaine la chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

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Les retraités sont dans le viseur. De ce gouvernement et des prochains, quelles que soient leurs couleurs politiques. Et des plus jeunes générations qui considèrent que les retraités sont des « privilégiés ». Nous le savons tous : avec l'allongement de la durée de la vie et la baisse de la natalité, l'équation des retraites ne peut pas se résoudre sans sacrifice. Le système de retraites par répartition tel qu'on le connaît aujourd'hui n'est pas tenable. Il va donc falloir trouver de l'argent. Suivez mon regard... Et le retraité est une cible facile. Il ne manifeste pas et ne peut pas bloquer les départs en vacances.
Les retraités sont victimes d'une image caricaturale et donc fausse. Tous les retraités ne sont pas des privilégiés. Loin de là. Les montants de retraite moyens montrent la précarité d'une large part des seniors. Mais il y a des chiffres qui les désignent comme prochaines victimes expiatoires : le pourcentage de l'épargne immobilière et mobilière détenue par les retraités est écrasant. Cette épargne a beau avoir déjà subi l'impôt à plusieurs reprises, et continuer à le subir du fait de l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière, entre autres, rien n'y fait : elle attire les convoitises.
Dès lors, le schéma classique de l'épargne des retraités subit une transformation radicale. Dans le monde d'avant, un retraité privilégiait l'épargne sans risque. Et se contentait de puiser dans son capital, quand il en avait, pour compenser sa baisse de revenus à la retraite. Au décès, le « solde » était transféré aux héritiers. Mais ce modèle ne fonctionne plus.
Pour trois raisons : la fiscalité sur l'épargne va être inéluctablement alourdie ; les retraites vont être, de fait, progressivement réduites et, enfin, l'allongement de la durée de vie à la retraite crée des besoins durant plus longtemps (pour l'instant, les scientifiques s'accordent à dire qu'on aura du mal à dépasser les 120 ans). L'argent ne peut plus se contenter de dormir sur des produits à faible risque et à faible rentabilité, car le compte n'y sera pas si on doit vivre décemment plus de trente ans à la retraite.
Il va donc falloir changer de logiciel. Les profils « prudents » proposés automatiquement aux retraités par les assureurs et les banquiers ne sont plus adaptés. Il faut prendre plus de risques. Pour avoir plus de rendement. Du profil « prudent » systématique, il faut passer à un profil plus « équilibré », dans lequel on ne peut plus exclure les investissements en actions, les investissements dans le secteur du private equity ou du non-coté, les investissements dans la pierre papier.
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Toujours à travers des enveloppes fiscales, même si leurs avantages seront rognés. Pas besoin de basculer vers des profils « dynamiques » ou « offensifs », mais un rééquilibrage massif de l'épargne des retraités est nécessaire. La mauvaise nouvelle pour les retraités est qu'il va falloir passer plus de temps à gérer ses économies et ses placements. La bonne nouvelle est qu'ils vont trouver une seconde jeunesse. Au moins dans leurs placements.
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