LA TRIBUNE DIMANCHE — L'examen de la proposition de loi Gremillet sur la programmation énergétique débute demain à l'Assemblée nationale. Les industriels, eux, réclament toujours la publication d'un décret dans les plus brefs délais...
MARC FERRACCI — Dans tous ces débats, j'ai à cœur de rappeler que l'objectif reste de sortir des énergies fossiles en 2050, tout en créant un maximum d'emplois industriels dans nos territoires. Dans ce cadre, certaines filières ont besoin de la programmation pluriannuelle de l'énergie pour lancer des investissements. Le gouvernement s'est donc engagé à publier un décret avant la fin de l'été, idéalement avant la rentrée. Celui-ci va probablement subir des ajustements, mais nous n'attendrons pas la fin de la navette parlementaire.
Nous ne remettrons pas en question le cap de la décarbonation, ni le principe d'un mix électrique équilibré, reposant sur les énergies renouvelables et le nucléaire. Nous entendons rétablir en séance l'article 3 [supprimé en commission] qui prévoyait le maintien du parc actuel et la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2, et potentiellement huit supplémentaires. Nous instruisons cette décision, qui sera prise d'ici la fin 2026.
Les discussions avec Bruxelles sur le financement des six premiers EPR2 ont‑elles débuté ?
Oui, nous venons d'envoyer les premiers éléments du schéma de financement, lequel repose sur un prêt d'État bonifié et un contrat pour différence [afin de sécuriser les revenus d'EDF, tout en limitant une flambée des factures]. Ce type de schéma a déjà été validé par la commission pour la centrale de Dukovany, en République tchèque. D'expérience, ce dialogue avec l'exécutif européen dure entre six et dix-huit mois.