39 % des salariées se décrivent comme « fatiguées » dans leur vie professionnelle. C'est même le premier adjectif qui leur vient pour qualifier leur état au travail, d'après le tout premier baromètre « Travail, alors heureuse ? » Ipsos-Elle-La Tribune Dimanche. « C'est frappant», confirme Cécile Guillaume, sociologue à l'université de Surrey et spécialiste des questions de genre au travail. «Il y a une pression énorme, notamment chez les mères actives, pour assurer la double contrainte de la vie professionnelle et familiale. »
Les femmes sont ainsi une majorité - 53 % des sondées - à estimer que leur vie familiale constitue un handicap pour leur carrière, avec une surcharge de responsabilités. « De fait, la parentalité est encore considérée comme une épine dans le pied dans la vie d'une entreprise », remarque Brigitte Grésy, ancienne présidente du Haut Conseil à l'égalité.
Sur leur lieu de travail, les mères sont 61 % à avoir essuyé des remarques sur les contraintes de leur vie personnelle. « Typiquement, c'est s'entendre dire qu'on se la coule douce parce qu'on travaille à temps partiel », relate Cécile Guillaume. Or, ce sont encore les femmes qui assurent majoritairement les contraintes de la vie familiale. « Les pères, lorsqu'ils s'investissent, préfèrent assurer le temps du matin, avant le travail, où leur absence est moins visible au bureau », constate Marie Donzel, directrice associée au sein du cabinet AlterNego, qui conseille les organisations sur ces questions.