Il y a une scène merveilleusement loufoque dans l'un des tout premiers films de Woody Allen, Bananas, où un révolutionnaire à la Che Guevara, dans un pays fictif d'Amérique du Sud baptisé San Marcos, renverse un dictateur corrompu pour la plus grande joie de son peuple. Mais ensuite, dès son premier discours de président, il commence à montrer son vrai visage à travers une série de déclarations délirantes.
Par exemple : « Dorénavant, la langue officielle de San Marcos sera le suédois. En outre, tous les citoyens seront contraints de changer de sous-vêtements toutes les demi-heures. Les sous-vêtements devront être portés en évidence pour permettre les contrôles. D'autre part, tous les enfants de moins de 16 ans ont désormais 16 ans. »
Je ne suis pas le premier (surtout parmi les gens d'un certain âge, puisque Bananas est sorti en 1971... quand j'avais justement 16 ans) à faire le parallèle entre ces diktats farfelus et ceux de notre président qui sera réinvesti demain, Donald J. Trump.
N'a-t-il pas annoncé dernièrement, lors d'une conférence de presse hallucinante, qu'il n'excluait pas d'annexer le canal de Panama et le Groenland pour renforcer la sécurité des États-Unis, tout en se moquant de l'ancien président récemment décédé (et enfin vénéré) Jimmy Carter pour avoir bradé cet axe de navigation à un prix dérisoire ? Il a également lancé l'idée que le Canada devienne le 51e État du pays et, dans une dernière bouffonnerie, de renommer le golfe du Mexique en « golfe d'Amérique ».