La chronique de Pauline Delassus. Elon Musk, le pire avocat des femmes
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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L'affaire porte un nom, celui des gangs de « grooming ». Ces réseaux de pédocriminels ont organisé l'exploitation sexuelle de milliers de mineures dans plusieurs villes d'Angleterre, des années 1980 jusqu'à 2013. Les agresseurs s'en prenaient à des adolescentes en rupture familiale, violentées par leurs parents, souvent dépendantes à l'alcool et aux drogues, connues des services sociaux, hébergées dans des foyers d'accueil. Des proies « idéales » à qui des hommes offraient nourriture, cadeaux, substances et attention pour les forcer ensuite à des rapports sexuels rémunérés, s'assurant de leur silence par la menace et les coups, tout en empochant leurs « revenus ».
Le mot grooming en anglais désigne ce conditionnement des jeunes victimes piégées et terrifiées de briser une omerta qui a tant bénéficié à leurs bourreaux. Depuis une dizaine d'années, des articles de presse, dans The Times notamment, et plusieurs rapports d'instances indépendantes de Grande-Bretagne ont décrit le fonctionnement de cet effroyable esclavagisme et dénoncé l'extrême lenteur des autorités à prendre au sérieux les alertes des travailleurs sociaux ou les plaintes déposées par les plus courageuses.
Les services de police et des municipalités sont accusés d'avoir minimisé, voire dissimulé, ces agissements qui ont perduré une décennie au moins dans les villes de Rotherham, Rochdale, Huddersfield et Oldham.
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Deux raisons principales à ce coupable attentisme : d'abord, la non-prise en charge des jeunes filles, considérées comme des prostituées forcément consentantes et dont la parole, à cette époque pré-MeToo, ne pesait pas lourd ; ensuite, l'origine étrangère des proxénètes et des violeurs, pour la plupart pakistanais, a fait craindre aux fonctionnaires alors en poste d'être accusés de racisme s'ils les poursuivaient.
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