Le monde a un nouveau parrain. Appuyé sur un pack d'une puissance inouïe, technico-conservateur, religieux, militaire et liant les plus grandes fortunes du monde, Donald Trump n'a même pas besoin d'être déjà au pouvoir pour que chacun fasse allégeance. Pour le Bien, là le Hamas et le Premier ministre d'Israël cèdent enfin au plan de paix de Joe Biden ; pour la trouille, là où l'Europe voire la Chine attendent leur facture. Et dans l'attente d'une relecture des frontières issues de la précédente révolution industrielle. Le temps semble venu de repenser les voies du commerce avec la fonte de la banquise et l'accaparation des richesses minières nécessaires aux nouveaux outils technologiques.
Cet impérialisme du Nord répond à celui de la Chine et au rêve impérialiste rétro de la Russie et de la Turquie. Ces impérialismes expansionnistes de voisinage, accentués par le Covid, sont reliés par d'énormes bateaux et des câbles innombrables. Depuis la fin de la guerre froide, on essayait de penser en géographie de valeurs - démocraties, pays des droits de l'homme, dictatures, totalitarismes... Cette période est bien finie, et ce n'est que logique, car l'enjeu aujourd'hui est la grande guerre climatique, immense combat de la nature contre l'humanité, et il y faut de la force, de la puissance, de la volonté, de l'innovation et de la technologie. Et chacun au fond fourbit ses armes.