Climat : avant l'arrivée de Donald Trump, Joe Biden fixe de nouveaux objectifs
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À un mois de son départ, le président américain Joe Biden a fixé jeudi un nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Nathan Howard
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À un mois de son départ, le président américain Joe Biden a fixé jeudi un nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Nathan Howard
À un mois de son départ, le président américain Joe Biden a fixé jeudi un nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les Etats-Unis. Le pays, deuxième plus grand pollueur derrière la Chine, envisage désormais une baisse de ses émissions de 61 à 66% d'ici 2035 comparé à 2005.
Ce plan doit obligatoirement être déposé aux Nations unies dans le cadre de l'accord de Paris de 2015. Washington avait jusqu'à février pour présenter ce plan à l'ONU, appelé « contribution déterminée au niveau national ». Chaque Etat fixe librement ses propres objectifs mais est censé les réviser à la hausse tous les cinq ans.
Cette nouvelle feuille de route constitue « le programme climatique le plus audacieux de l'histoire des Etats-Unis », s'est félicité Joe Biden. Jusqu'ici, les Etats-Unis se sont engagés à réduire leurs émissions de moitié d'ici 2030.
Pour y parvenir, l'administration Biden compte notamment sur les fruits de ses investissements massifs dans les énergies renouvelables, mais aussi sur la contribution du secteur privé.
Mais le retour de Donald Trump au pouvoir le 20 janvier menace ces plans. Le républicain n'a pas caché ses positions en la matière, entre soutien affiché aux énergies fossiles et la possibilité d'un désengagement de l'accord de Paris. Les Etats-Unis en étaient d'ailleurs déjà sortis brièvement sous son premier mandat. Pour rappel, l'accord de Paris, adopté par 195 pays, vise à maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale « bien en dessous de 2°C » par rapport aux niveaux préindustriels et à poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5°C.
Sa porte-parole Karoline Leavitt a réagi en vantant les politiques passées du républicain qui ont permis, selon elle, de faire « progresser la conservation et la gestion de l'environnement tout en promouvant la croissance économique ». Son second mandat permettra d'assainir l'air et l'eau, a-t-elle encore affirmé dans une déclaration transmise à l'AFP. Sans mentionner la volonté du président élu de se défaire de ces engagements.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Face au risque que Donald Trump fasse fi de cette feuille de route, l'émissaire climat de Joe Biden, John Podesta, a assuré dans un échange avec des journalistes être confiant dans la capacité du secteur privé et des autorités locales à « faire avancer les choses ». « Ce n'est pas un vœu pieux, cela s'est déjà produit auparavant », a-t-il insisté, rappelant des mesures mises en place par des Etats et villes démocrates au cours du premier mandat de Donald Trump. Toutefois, a-t-il reconnu, les politiques fédérales décidées par le républicain pourraient « mettre l'action climatique en veille ».
Les groupes de défense de l'environnement ont, eux, salué les nouveaux objectifs, qui prévoient notamment une réduction d'au moins 35% des émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre. « Cela constitue un élément de mobilisation important et une référence pour les Etats, les villes et les entreprises », a estimé auprès de l'AFP Rachel Cleetus, de l'ONG américaine Union of Concerned Scientists.
Au cours de son mandat, Joe Biden a porté des projets très ambitieux, avec notamment des investissements massifs dans les énergies renouvelables. Mais les Etats-Unis, qui restent le premier producteur mondial de pétrole et de gaz, sont à la traîne. Le pays n'en était qu'à 18% de réduction des émissions en 2023, et ne devrait atteindre que -38% à -56% en 2035, selon le centre de recherche Rhodium Group.
D'autant que Trump a promis durant sa campagne de « forer à tout va ». Il a d'ailleurs assuré la semaine dernière d'accorder de manière accélérée les permis et autorisations nécessaires, notamment environnementales, à toute personne ou entreprise qui investirait au moins un milliard de dollars aux Etats-Unis. Et ce, sans donner d'autres détails sur ce projet.
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De leurs côtés, les autres grands pays n'ont pas encore dévoilé leurs prochains objectifs climatiques. Sous pression budgétaire et politique, l'Union européenne, quatrième émetteur après la Chine, les Etats-Unis et l'Inde, débat de -90% d'ici 2040 (par rapport à 1990), mais devrait manquer la date-butoir de février, selon l'analyste Neil Makaroff, du think tank Stategic Perspectives.
(Avec AFP)
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