Un million d'oiseaux et 100.000 mammifères marins meurent chaque année d'asphyxie ou d'enchevêtrement dans des déchets plastiques. On comprend pourquoi le traité international contre la pollution plastique, en cours de négociation, intéresse tout particulièrement les participants à l'Unoc 3. Entre 12 et 14 millions de tonnes de plastiques sont déversées chaque année dans les océans, vers lesquels ils favorisent le transport d'espèces invasives.
Si les filets et autres sacs plastiques flottant à la surface sont les plus visibles, les microplastiques sont au moins aussi dangereux. Issus de la décomposition des déchets acheminés vers les mers par les cours d'eau et le ruissellement, ils y diffusent les composants chimiques qui entrent dans leur fabrication, mais aussi tous ceux qu'ils ont absorbés au cours de leur périple. Le tout générant potentiellement des interactions ou « effet cocktail » encore mal connus.
Présents dans les profondeurs, ils sont susceptibles d'être absorbés et de perturber toutes les formes de vie marine, notamment en raison des perturbateurs endocriniens qu'ils peuvent contenir. « Mais il n'y a aucune transparence quant aux volumes produits ni aux molécules utilisées », déplore Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan.
Ce sont aussi les microplastiques qui pénètrent la chaîne alimentaire jusqu'à l'homme. Ils contribuent donc à notre ingestion de plastique, qui atteindrait, selon une étude du WWF, 5 grammes par semaine, soit l'équivalent d'une carte bancaire. Cette pollution plastique menace en outre des écosystèmes qui jouent un rôle clé dans la régulation de la qualité de l'eau, l'absorption de CO2, l'érosion côtière, la pêche et le tourisme littoral.