Amarré pour quelques heures encore, le Yéti s'apprête à reprendre du service. Sur le pont de ce navire long de 14 mètres, Jonathan Paris et son équipage s'affairent aux derniers réglages. Dans quelques heures, le fileyeur-bolincheur prendra la mer pour trois jours. Appuyé sur sa béquille, le père du capitaine est venu assister aux préparatifs. « Ils ont les pieds qui brûlent, ils sont trop restés sur terre », plaisante-t-il, avec la gaieté des grands départs.
Pour la deuxième année d'affilée, les marins pêcheurs de Saint-Jean-de-Luz-Ciboure (Pyrénées-Atlantiques) ont dû rester à quai pendant un mois pour protéger les cétacés. « On nous empêche de travailler », s'agace Battit Alsuguren. Aussitôt l'interdiction levée, le patron du Kittara II est lui aussi parti mettre ses filets à l'eau, au large de Bayonne.
Avec l'espoir d'y retrouver dès le lendemain des maigres en quantité. Dans ses mailles, Battit rapporte parfois de la dorade ou de la sole. Mais il lui est aussi arrivé de surprendre un dauphin, malencontreusement pris au piège. « Ça reste rare, précise le marin pêcheur de 42 ans. L'année dernière j'en ai retrouvé deux. »
C'est pour tenter de limiter le nombre de ces captures accidentelles que le Conseil d'État a prononcé la fermeture de la pêche dans le golfe de Gascogne entre le 22 janvier et le 20 février. À l'échelle des Pyrénées-Atlantiques et des Landes, 45 navires ont été concernés.