ENTRETIEN — Alors que les stations de ski tentent de relever le défi du changement climatique, « La Tribune Dimanche » a rencontré Grégory Lanter, directeur général délégué chargé de la stratégie montagne du Club Med.Chargé de la stratégie montagne du Club Med, Grégory Lanter mise sur une double diversification, saisonnière et dans les activités proposées.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Le Club Med est un gros investisseur dans les stations en altitude. Cette stratégie va-t-elle se poursuivre ?
GRÉGORY LANTER — Nous avons investi avec nos partenaires 825 millions d'euros depuis 2014, en ouvrant huit nouveaux sites. Le Club Med a été un acteur pionnier de la montagne, avec une première ouverture en Suisse dès 1957. À l'avenir, nous nous concentrerons sur des secteurs pérennes, qui ne sont pas menacés par des difficultés, notamment climatiques. Il y a toujours eu des bonnes et des mauvaises saisons pour les sports d'hiver, mais la proportion des secondes est susceptible d'augmenter dans les années à venir. L'essentiel est que les clients repartent satisfaits, quelles que soient les conditions météo.
En continuant de mettre en œuvre le savoir-faire du Club par la diversification des activités - raquettes, VTT, natation, bien-être, fitness... -, avec des structures conçues spécifiquement pour les enfants, afin que chacun y trouve son compte. Et par la diversification saisonnière, en développant de plus en plus la saison d'été, une décision partagée par plusieurs stations. Le tourisme de montagne ne s'arrête pas aux mois d'hiver, comme en témoigne la croissance de la part de l'activité estivale dans nos resorts, en progression de 15 % à 18 % par an depuis 2022. Le premier village à ouvrir en été fut celui de Serre-Chevalier, dans les années 60. Huit sur quinze en Europe le sont aujourd'hui. Tous le seront d'ici à 2030. C'est notre objectif. Un village bi-saisonnier est un atout indéniable : celui des Arcs Panorama représente 12 millions d'euros de retombées annuelles pour l'économie locale, selon une étude du cabinet Protourisme.
Le ski demeure au cœur du modèle ?
Bien sûr. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous choisissons de grands domaines en altitude pour y installer nos resorts. Tous les acteurs souhaitent pérenniser la pratique du ski, en améliorant les équipements et en prenant en compte les résultats d'études scientifiques sur les conditions climatiques dans les prochaines décennies. Mais la pratique du sport évolue : les skieurs n'y consacrent désormais plus que quatre à cinq heures par jour, ce qui justifie la diversification des activités.
Marie-Pierre Gröndahl (propos recueillis)