Comment Paris se prépare à vivre sous 50° C

L'école maternelle Daumesnil dans le XIIe arrondissement a été amenagée en oasis. Un projet qui vise à lutter contre les îlots de chaleurs et la densité de l'urbanisation.
LTD/Simon LAMBERT/Divergence

L'école maternelle Daumesnil dans le XIIe arrondissement a été amenagée en oasis. Un projet qui vise à lutter contre les îlots de chaleurs et la densité de l'urbanisation.
LTD/Simon LAMBERT/Divergence
Paris sera-t-il vivable en 2050 ? à cet horizon, la température pourra grimper jusqu'à... 50 °C selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). La Ville vient donc de voter un nouveau Plan Climat comprenant 500 actions réparties en cinq volets : protéger la population face aux conséquences du changement climatique, réduire drastiquement la pollution liée à la circulation automobile, massifier la transformation environnementale du bâti, accélérer la sortie des énergies fossiles et viser 100 % d'énergies renouvelables, promouvoir et accompagner une économie locale, résiliente et bas carbone.
Un inventaire à la Prévert qui interroge Valérie Montandon, élue (LR) du XIIe arrondissement et oratrice « Climat » du groupe « Changer Paris », présidé par Rachida Dati, maire du VIIe et ministre de la Culture : « Il n'y a pas de planification, pas de mode d'emploi, pas de financements dédiés. Si les objectifs sont louables, l'exécution reste dans le rouge ». « Permettez-moi de lui rappeler que nous avons déjà investi 10 milliards d'euros depuis 2014 », s'agace l'écologiste Dan Lert, maire adjoint chargé, notamment, du climat.
Il n'empêche : la conseillère d'opposition persiste et signe : « Je suis déçue de ne pas retrouver mes propositions de la mission d'information sur les bois de Boulogne et de Vincennes, votées par tous les groupes ». « Nous atteindrons notre objectif de 170 000 arbres plantés d'ici à 2026 », date des prochaines élections municipales, rétorque le proche d'Anne Hidalgo. Le 100 000 € arbre a été planté « récemment » et 40 000 le seront « cet hiver ».
Des îlots de fraîcheur qui permettront aux Parisiens de respirer, mais la droite estime que la majorité de gauche va, parallèlement, créer des îlots de chaleur en densifiant les dents creuses. Autrement dit, en surélevant les petits bâtiments existants pour y construire des logements sociaux. « Nous lancerons, dès l'été 2025, un plan « Grand chaud » pour mettre à l'abri les populations en première ligne, alors même que l'hébergement d'urgence relève de l'état », réplique Dan Lert.
Dans le même esprit, la ville va mettre en place un programme baptisé « 1 000 toits anti-surchauffe », afin de « développer une aide spécifique destinée aux occupants des logements des derniers étages ». De même qu'elle projette de rénover 100 % des résidences séniors d'ici à 2027 ou encore de créer 40 000 m² de toits peints en blanc sur les bâtiments municipaux pour abaisser la température dans les équipements « sensibles » comme les écoles.
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Dans ce domaine, le Conseil de Paris a déjà voté 100 millions d'euros dans son budget 2024 pour rénover ces établissements scolaires. 19 millions d'euros ont déjà été investis dans le XIXe arrondissement pour trois écoles. Et pour cause : la capitale ambitionne de rénover 100 % des crèches et des écoles d'ici à 2050 « en développant une nouvelle méthode de rénovation globale, alliant rénovation thermique, adaptation aux fortes chaleurs et accessibilité ».
Réduire les émissions de gaz à effet de serre intra-muros nécessite aussi de limiter la place de la voiture individuelle. Au-delà de la création de la zone à trafic limitée (ZTL) dans le centre de Paris, qui a fait couler beaucoup d'encre, un « cœur piéton » sera instauré dans chaque arrondissement. La réduction de moitié des places de stationnement, telle qu'annoncée lors de la campagne des élections de 2020, est également confirmée. Sans oublier la lutte contre les 4x4 et les SUV grâce à la tarification différenciée.
Autre levier : l'alimentation voulue « durable et de qualité ». « Nous sommes le premier acheteur de bio en France, avec 30 millions de repas chaque année », claironne l'adjoint d'Anne Hidalgo. à date, deux repas végétariens, comprenant des protéines, sont servis chaque semaine dans les cantines. « Nous voulons accélérer pour être exemplaires. On l'oublie, mais cela reste le deuxième poste de l'empreinte carbone de la capitale », enchaîne Dan Lert.
Cette transition écologique a un coût. Tout en plaidant pour l'instauration d'une taxe sur l'e-commerce face à l'explosion des livraisons inspirée de la taxe Amazon, l'Hôtel de Ville va introduire une taxe de séjour de 5 % sur les nuitées dans les palaces et hôtels 5 étoiles. Surtout, l'exécutif va réceptionner, en janvier, l'étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), mandatée l'an dernier pour chiffrer les incidences économiques du Plan Climat.
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« L'ensemble des acteurs - l'état, la région, la métropole, la ville, les entreprises et les ménages - devront investir 2 milliards d'euros supplémentaires chaque année d'ici à 2050 », dévoile le proche de la maire de Paris. Un mur d'investissements encore supérieur au plan de 1,8 milliard d'euros adopté en décembre 2023.
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