ACT50 — Après les ravages de la tempête Alex, le préfet Xavier Pelletier, nommé délégué à la reconstruction des Vallées de l’arrière-pays niçois, a conçu un modèle totalement innovant pour reconstruire. Un modèle issu d'un travail de terrain minutieux qui sert aujourd'hui d'exemple lors d'intempéries, comme dans le Pas-de-Calais.Lorsqu'Alex ravage les Vallées de la Roya, de la Tinée et de La Vésubie les 2 et 3 octobre 2020, nul ne s'attend au paysage de désolation qui s'offre au monde, un paysage jamais connu depuis la Deuxième Guerre mondiale. Au point que l'État nomme un préfet délégué à la reconstruction des Vallées, Xavier Pelletier, surnommé rapidement par tous, le préfet Tempête.
C'est lui qui, des jours et des mois durant, va arpenter le terrain, rencontrer les maires et les habitants des villages abîmés, aux routes parfois totalement coupées, aux lits des rivières élargis comme cela n'avait jamais été vu auparavant, jusqu'à dix fois. Lui, aussi, qui va devoir faire preuve d'esprit d'innovation, car aucune réponse adaptée n'existe alors à une catastrophe au caractère aussi exceptionnel. De ce travail de terrain est née une modélisation, qui sert par exemple aujourd'hui à répondre à la situation rencontrée dans le Pas-de-Calais après les inondations.
Ce que dit ce modèle - qui percute clairement l'aménagement des territoires - c'est qu'il faut redonner leurs fonctionnalités aux cours d'eau. « On doit construire avec l'eau et non pas contre l'eau », souligne Xavier Pelletier. Dans les Vallées, « les verrous hydrauliques ont été levés », et les trois ponts reconstruits depuis bénéficient d'un gabarit hydraulique quatre fois plus important.
Si ces ouvrages ont pu être repensés pour affronter de prochains épisodes météorologiques plutôt que d'être reconstruits à l'identique, c'est parce qu'une équipe spéciale, la mission interministérielle pour la reconstruction des vallées, menée par le préfet Pelletier, a joué la carte de l'innovation, y compris dans l'adaptation des outils administratifs existants. Dont celle du Fonds Barnier, utilisé ici certes pour racheter les immeubles rendus inutilisables par Alex.