Au cœur de l’ex-bassin minier lillois, les élus ont coconstruit avec les habitants une politique de mobilité adaptée aux enjeux actuels. La nouvelle offre de transport en bus gratuite couvrira près de 150 communes, urbaines et rurales.« C'est une décision historique », a commenté Laurent Duporge, maire de Liévin et président d'Artois Mobilités, en juin dernier, lors de l'annonce : la mise en œuvre de la gratuité des transports urbains du syndicat, couvrant trois agglomérations (Hénin-Beaumont/Carvin, Lens-Liévin et Béthune/Bruay-la-Buissière), sera donc bien effective en 2026 ! « Avec nos 650 000 habitants, nous constituerons le plus grand périmètre de transport gratuit en France », avait renchérit Christophe Pilch, président de l'agglomération d'Hénin-Carvin.
Un travail de longue haleine qui a associé toutes les parties prenantes. « Ce débat sur la gratuité remonte à huit ans », rappelle Laurent Duporge, président d'Artois Mobilités et maire de Liévin. « Il y a une vraie urgence en matière de pouvoir d'achat, d'accès au service public pour le plus grand nombre et de protection environnementale ».
Pour mieux identifier les besoins, les élus de la communauté d'agglomération de Lens Liévin ont lancé en début d'année 2024 une large consultation, afin d'élaborer « un nouveau projet de territoire ». Près de 3 300 questionnaires (dont 13,9 % issus de jeunes entre 15 et 29 ans) ont été dépouillés en mai : les habitants avaient justement classé en priorité numéro 1 « la mobilité dans le territoire », afin de mieux connecter les villes entre elles et avec les grandes villes alentour (comme Lille, Arras, Douai notamment).
Même si le territoire est aujourd'hui globalement bien desservi par les transports en commun, une étude Insee de 2016 a estimé que 15,4 % des ménages ne disposaient pas d'un véhicule dans le bassin minier (contre 13,6 % dans la région et 12,9 % en France métropolitaine). Et quand on sait que la mobilité est l'un des principaux freins à l'emploi, on mesure l'importance de l'enjeu... Surtout que des communes telles que Bruay-la-Buissière, Avion, Billy-Montigny ou encore Auchel, sont encore aujourd'hui mal desservies par les transports en commun à fréquence régulière : pour aller de Auchel à Béthune, en bus, il faut compter plus d'une heure contre... dix-neuf minutes en voiture !