Après Bétharram, le plan d'Élisabeth Borne pour lutter contre les violences dans l'enseignement privé
Léna Ménager
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Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en février 2025, à la sortie d’un conseil des ministres à l’Élysée.
ENTRETIEN EXCLUSIF — Ex-Première ministre, désormais ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Élisabeth Borne détaille son plan pour lutter contre les violences physiques et les abus sexuels au sein des établissements privés sous contrat.
Demain, Notre-Dame de Bétharram sera inspectée pour la première fois. En trente ans, l'établissement au cœur d'accusations de violence n'a quasiment jamais été contrôlé, hormis une inspection éclair diligentée en 1996.
À l'Assemblée nationale, une commission d'enquête doit permettre de faire la lumière sur les manquements de l'Etat dans cette affaire. François Bayrou, ministre de l'Education au moment des faits, et Elisabeth Borne, l'actuelle locataire de la rue de Grenelle, doivent tous deux être auditionnés.
LA TRIBUNE DIMANCHE — En quoi l'État a-t-il failli dans l'affaire Notre-Dame de Bétharram ?
ÉLISABETH BORNE — L'État n'a pas été au rendez-vous avec notamment des contrôles insuffisants pendant toutes ces années. Quand j'entends le récit des violences qui y avaient lieu, je regrette profondément que, collectivement, nous n'ayons pas été à la hauteur.
François Bayrou aurait-il pu arrêter les sévices à Bétharram lorsqu'il était ministre de l'Éducation entre 1993 et 1997 ?
Pour agir, il faut être alerté. Or, en 1996, l'inspection conclut que « Notre-Dame de Bétharram n'est pas un établissement où les élèves sont brutalisés ». Manifestement, à cette époque, nous n'avions pas la bonne vigilance sur ces questions. Les premières plaintes pour violences sexuelles sont déposées à partir de 1998. A ce moment-là et depuis lors, personne, parmi les successeurs de François Bayrou, n'a réagi. Avec le Premier ministre, nous le faisons aujourd'hui, avec le plan "Brisons le silence, agissons ensemble".
Il comportera trois volets : organiser une remontée systématique des faits de violence, mieux recueillir la parole des élèves, et renforcer les contrôles dans l'enseignement privé sous contrat. J'ai été bouleversée par les témoignages des victimes scolarisées dans ces établissements privés catholiques. Jeudi, je recevrai Alain Esquerre, le porte-parole du collectif des victimes de Notre-Dame de Bétharram pour recueillir ses suggestions. Aujourd'hui, mon objectif est de m'assurer que de telles violences ne puissent plus se reproduire. C'est le sens du plan que j'ai décidé de lancer.
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